28 février 2013

Joies du jeudi #50

  • Reprendre ces "Joies du jeudi" ... et m'apercevoir que les cinquantièmes m'attendaient.
  •  L'ambiance favorable à la récollection et la reprise.
  • Le plaisir de la mise en page, quand le travail d'écriture est terminé.
  • Les privilèges merveilleux qu'offre le fait de travailler chez soi : préparer des carottes à la vapeur, écouter des créations sonores, nourrir son imaginaire.
  • Les privilèges merveilleux qu'offre le fait de travailler dans un bureau : échanger des sourires, goûter des cookies préparés par une grand-mère américaine, dire « bonne soirée », « rentre bien », « prends soin de toi ».
  • Réveiller mon corps. Rire entre demoiselles pendant un joli moment de troc de nippes.
    Chaque jour, chérir la grâce
  •   Discuter de grandes questions : quel est le niveau de complexité nécessaire pour un personnage de série ? Pour qui écrivons-nous ?
  • Décider que, finalement, je ne veux pas sortir.
  • Aller deux fois au théâtre, d'abord au Rond Point – j'ai surtout apprécié les magnifiques décors polyvalents et mobiles – puis aux Gémeaux pour la dernière mise en scène du génial Declan Donnnellan. Merci à lui pour ce spectacle qui m'a donné l'impression d'en ressortir plus intelligente que je n'étais venue. 
  • Chercher un nom. Être fatiguée mais sérieuse. Rencontrer une femme impressionnante et me dire : je l'admire mais je n'ai pas le souhait d'être comme elle.

28 novembre 2012

Le voyage comme remède à la dispersion

" Le voyage est un remède idéal pour vaincre la tentation de la dispersion qui menace nos vies urbaines. Il offre de revenir à la simplicité de journées tout entières consacrées à s'orienter, se nourrir et entretenir une conversation légère avec la Nature et les hommes. Nulle dispersion possible quand il s'agit de suivre une route. Le recours à la piste allège le fardeau du divertissement. La vie redevient simple. L'énergie retrouve sa voie. Débarrassée des scories qui l'encombrent, des efforts inutiles, des paroles superflues, la vie du voyageur se gonfle de sève. Principe de l'élagage : moins de branches, plus de force pour le tronc. Alors l'esprit concentré peut cheminer le long d'une route unique, et s'exercer tout entier à la plus belle vertu, la plus énergique : être attentif. "

- Sylvain Tesson,  Éloge de l'énergie vagabonde




27 novembre 2012

Transcendance

Tout découle de cette idée, jamais complètement perdue, teintant toujours mes choix et mes croyances, qu'il y a à la vie un double fond.

via www.gabrieldawe.com

Il ne suffirait pas alors de simplement vivre les choses comme elles se présentent, le quotidien mondain, manger, travailler, aimer, se distraire, mais il faudrait mener cette quête de quelque chose vers lequel je n'ai pour me guider ni  nom ni indice.

26 novembre 2012

Inextricabilité

Dans  le bouddhisme, les rubans inextricables signifient quelque chose qui n'en finit pas.

via apictureofit.com

Quitte à être empêtré dans quelque chose qui n'en finit pas, autant que ce soit dans quelque chose de positif.

22 novembre 2012

Information de l'être sans forme

"La consommation des nouvelles et des commentaires dans les journaux  quotidiens ou hebdomadaires, à la radio ou à la télévision, représente une super-production de pensées et d'émotions inutiles. Sans formation, sans préparation, sans étude approfondie, tout le monde a son idée sur tout, en économie, en politique, en diplomatie. Mais personne ne se connaît lui-même, personne ne mesure à quel point il ne se connaît pas lui-même. Chacun chérit ses opinions sur des questions dont il ignore les tenants et les aboutissants et a son idée sur la façon dont il faudrait mettre de l'ordre dans le monde, alors qu'il ne sait absolument pas comment il pourrait mettre de l'ordre en lui-même. La sacro-sainte Information est une immense duperie."
Arnaud Desjardins, Monde moderne et sagesse ancienne (1990)


2 novembre 2012

Déliaison

" Difficulté de mettre à leur place les nouvelles données. Difficulté de la substitution : celles d'avant et leur entourage là depuis tant d'années s'accrochent avec le confort et les astuces de la familiarité. La difficulté de délier est plus grande que la difficulté de relier ; plus longuement emmêlée d'émotion. Que faire ? "

- Henri Michaux

source : Mike Wade

5 août 2012

Musique des premières heures


La musique, maîtresse des états d'âme, guide l'émotion labile et molle. Il y a cette autre sagesse qui recommande de ne pas lutter contre ses états d'esprit mais de les accompagner - sous l'injonction de la musique endolorie, écouter la part de soi qui geint de son arrachement. Dans le décalage des premières heures du jour, là où nos perceptions sont à la fois émoussées et plus cruelles, où notre être se fendille dans la solitude du réveil, la violence de s'extraire du sommeil... nous voilà au bord du précipice qui nous sépare de nous-mêmes, de ce monde, de ceux que nous pourrions aimer. Cet état-là est aussi vrai que l'élan vital qui nous enfle quand la musique sait pulser et rendre l'instant à son versant d'évidence. 


4 mai 2012

Joies du jeudi #49

* Passer 24h à Marseille et y trouver, outre l'incroyable lumière de Provence, des noms connus ouvrant des portes de poésie (le Vieux Port, la Bonne Mère, la Belle de Mai...). J'ai un peu retrouvé dans une moindre mesure le même sentiment qu'à New York, d'entrer dans une ville largement fictionnalisée, une ville de littérature et de cinéma (entre Pagnol et mes rêves de Méditerranée...).


* Tomber à la faveur du Beau Hasard sur un livre très drôle écrit par un vieil ami.

* Boire de la bière dans le train. Manger seule un excellent petit déjeuner d'hôtel. Jouir d'un calme rare. Silence, épurement, solitude. Bien.

* Recevoir des nouvelles de gens chers à mon cœur.

* Héberger des roses splendides et du lilas parme, contre faveur d'embaumement.

* Avoir une chance merveilleuse.

* Faire la fête avec des gens beaux, sympathiques et stimulants. Me repaître les yeux de couleurs, de paysages mystérieux et de belles chaussures.

Irregular Choice

* Rêver de fêtes berlinoises (la nuit) et de voyages futurs (le jour).

* Faire ce que j'ai à faire et voir l'horizon se dégager pour d'autres envies.

14 avril 2012

A mi-chemin...de l'artiste


J'ai du mal à croire que j'en suis déjà à la semaine 6 du programme de Julia Cameron. Je vais néanmoins mon petit bonhomme de chemin, c'est le cas de le dire… Je continue à tricher un peu et à ne pas suivre les directives à la lettre, mais le peu que je fais me met déjà dans un excellent état d'esprit, et je sais que si j'ai dix minutes de trajet à tuer, j'ai toujours de petits exercices sous le coude pour m'occuper à bon escient.


* Je me suis bien reprise en main pour les 3 pages du matin. Les vacances étaient bien pratiques pour les faire le matin tranquillement, d'autant plus que mon compagnon était un excellent soutien ; maintenant que j'ai repris le collier, les pages sont pour moi l'occasion de faire une pause dans la matinée.


* Je n'ai pas suivi la semaine de "privation de lecture" ordonnée par Julia, parce que c'est en contradiction avec un de mes objectifs personnels depuis deux ans : non pas arrêter de fuir dans la lecture, mais au contraire me remettre à lire régulièrement et si possible quotidiennement. J'essaierai peut-être à l'occasion de passer une semaine sans rien lire du tout (même pas en ligne), mais j'aimerais d'abord redevenir une vraie lectrice.


Il n'y a pas d'âge pour faire joujou




 * Côté "Artist date", je suis un peu dans les choux. Est-ce que partir en vacances, ça compte ? J'ai beaucoup joué, me suis beaucoup nourrie de ce que je découvrais (et beaucoup nourrie tout court d'ailleurs), mais je n'ai pas vraiment réservé de temps pour faire quelque chose toute seule. Je dois d'ailleurs (cela fait partie des exercices de la semaine 4) me planifier une journée entière d'"artist date". C'est encore en réflexion. Cette semaine, j'ai pris le temps (et beaucoup de plaisir) à fabriquer des paquets cadeaux avec des images de presse.


* Synchronicités et belles choses ponctuent toujours mon quotidien. Magie !

31 mars 2012

Qu’est donc ma vie devenue ?

Le noir. Le calme. Le silence. Je ferme les yeux et j’aspire au trou noir. Rien. Personne.
Je ne demande pas grand-chose, juste un peu de temps, juste un peu d’attention. J’ai été écrasée par la machine comme on écrase les données, effacée du disque dur, balayée d’un coup de souris. J’ai piétiné mes traces, je deviens transparente, je m’évanouie de la surface des choses. On ne me voit ni ne m’entend. Je n’existe plus.
Je rêve d’être très très loin, dans un autre monde de fantaisie. Je vois l’océan, les voiliers, la montagne et les fougères. Là-bas la lumière tombe du ciel, les légendes s’incrustent sur les maisons et les histoires sont dans la peau. Le guerrier lutte dans un combat égal où la nature et la nuit le provoquent et le protègent.
Et sur mon bureau en faux bois, sous des néons artificiels, je respire les solvants en tapant sur du plastique. A l’intérieur, je meurs.
(Caroline)

29 mars 2012

Le chemin de l'artiste...semaine 4 ? vraiment ?


La discipline... Faire des gammes, des longueurs, du petit latin, la vaisselle après avoir mangé, des abdos - tout cela m'a toujours paru extrêmement difficile. M'astreindre à faire une même chose quotidiennement ou même régulièrement, j'ai beau savoir aujourd'hui (je dis bien savoir et pas seulement croire) que c'est la voie de tout progrès, je n'y suis vraiment arrivée que pendant quelques mois, lorsque j'avais commencé à vider mes vieux carnets sur Tumblr, et je bénéficiais là d'une double facilité : c'était quelque chose qui me plaisait, avec une gratification immédiate (un billet publié = un résultat concret), et je rendais des comptes à Marc, qui est un vrai coach et un vrai ami.
J'ai su tout de suite, lorsque je me suis lancée dans la lecture (censément) active de The Artist's way que n'en parler à presque personne et suivre le truc dans mon coin me rendrait d'autant plus ardue la discipline quotidienne devant accompagner le programme.

Prends soin du Mogwai qui est en toi

 Où en suis-je aujourd'hui, théoriquement au milieu de la 4ème semaine ?
  • J'ai écrit mes 3 pages du matin avec de plus en plus de régularité sur toute la semaine 2 et  le début de la semaine 3. Pas toujours le matin, pas toujours 3 pages complètes. Si quelque chose m’interrompt, je donne la priorité à l'interruption. Une page de plus ou de moins me dis-je, ça ne change pas grand-chose. Et là, je me rends compte que je n'ai pas poursuivi l'exercice depuis samedi dernier, soit depuis le début de mes vacances. Je ne m'en étais même pas aperçue. J'aurais pourtant largement pu utiliser des trajets de train ou de métro pour m'y atteler (je n'ai pas envie de le faire au réveil, à moins que l'on me démontre que c'est vraiment le moment idéal), mais j'ai tout bonnement oublié. Pourtant, la conscience du "chemin" de Julia n'a jamais cessé de m'accompagner. J'ai le sentiment de rester dessus. C'est un état d'esprit avant tout, isn't it ?
  • D'ailleurs, je profite avec allégresse d'un retour en force de belles synchronicités dans mon quotidien. J'ai même fait un rêve prémonitoire (sur un thème artistique qui plus est). La vie m'a apporté sur un plateau l'exercice parfait pour me remettre à écrire de la poésie. Du coup je profite et ne m'inquiète pas trop de gâcher le parcours avec mon laxisme de cancre.
  • Mon "artist date" de la semaine 3 : flâner deux heures dans le quartier des Batignolles en profitant du calme ensoleillé de ce printemps mirifique. Manger une grosse crêpe sur un banc. Lire le nom des fleurs.
  • Mon "artist date" de la semaine 4 : lire dans le train pour le Havre le premier volume des Brèves de comptoir, qui m'ont réjoui le cœur. La préface est superbe, et il y a dans la démarche, dans ces petits éclats pris au réel quelque chose qui me touche profondément. Rendre au monde sa beauté. Lui dire : j'ai remarqué. C'est pour cela que aussi que j'aime tant la photo et les croquis sur le vif.
  • Concernant les divers exercices proposés par Julia, ce n'est pas vraiment brillant. J'en ai fait quelques uns par écrit mais pour la plupart, je me suis contentée d'y réfléchir (pour ne pas dire d'y rêvasser). J'ai toujours de plus ou moins brillantes raisons de ne pas les faire strictement : soit je les ai déjà faits par le passé ou ce sont des réflexions que je mène déjà naturellement au quotidien depuis quelque temps (typiquement, sur les gens desquels il est bon de s'entourer ou pas), soit je ne me sens pas vraiment concernée. Bref, heureusement que le bouquin est à moi, je me réserve la possibilité de retourner y jeter un œil plus tard, qui sait.
  • Nous sommes déjà jeudi et je n'ai même pas lu le chapitre sur la semaine 4 ! Là aussi j'ai une excuse : je suis en vacances et ça brouille ma perception du temps. En plus je suis déjà débordée et je pars demain en voyage. M'enfin. Bon, je le lirai tout à l'heure.
la vie imite la mode bien plus que la mode n'imite la vie

22 mars 2012

Extension du domaine de la vie

Lu aujourd'hui sur le savoureux blog Absofruitly :

"J’aime bien me rendre compte que mes goûts évoluent, j’ai la sensation d’avancer dans la vie. J’ai ainsi découvert qu’après des années de haine farouche, j’adore à présent le gingembre servi avec les makis. Alors que quand on regarde le truc objectivement c’est piquant et rose, et ça a un arrière goût de savon. Je me sens supérieure à ceux qui n’aiment toujours pas : j’ai l’impression d’avoir compris un truc hyper complexe."

Le premier gif animé de ce blog. On va mettre ça sur le compte du retour à la mode des années 90.


Un jour, j'aimerai la Guinness et peut-être même les ris de veau. Je pourrai écouter du Mahler ou lire du Claude Simon.

14 mars 2012

Le chemin de l'artiste, pourquoi pas ?

J’ai sauté le pas. Un an après que Caroline m’en a parlé, après que Laetitia a partagé cette expérience étonnante sur son blog et m’a encouragée à m’y engager à m’en tour, j’ai commandé le best-seller de Julia Cameron, The Artist’s way, pour suivre avec beaucoup de curiosité et d’esprit ludique son programme de remise en jeu de la créativité. Contrairement aux personnes qui s’inscrivent aux stages de Julia, je n’ai pas entamé la lecture du livre à un moment où je me sentais bloquée artistiquement, mais presque, à l’inverse, au moment où mon spectacle Je Vous écris d’un pays lointain (sans doute le travail le plus personnel que j’aie eu la chance de faire au cours de mes aventures théâtrales) était porté à la scène – autant dire : à un moment d’épanouissement créatif total. Mais peut-être appréhendais-je justement la redescende, le moment de creux après la bonne tempête ; ou avais-je été mise en appétit de création par les derniers préparatifs. Et pour être honnête, j'ai très peu écrit de poésie ces trois dernières années, presque pas dessiné, et beaucoup rêvé devant la créativité des autres.
Robert Crumb et sa muse

Toujours est-il que me voilà aujourd’hui au milieu de la deuxième semaine d’un parcours en douze étapes (vous trouverez le détail ici), et que ressens d’une part un élan très fort, presque inédit vers la part artistique de ma vie (le simple fait d’acheter ce livre était déjà une façon de reconnaître que oui, créer est bel et bien ce qu’il y a de plus important pour moi, ma raison d’être oserais-je avouer) – et d’autre part, une grande paresse face aux nombreux exercices demandés par Mrs Cameron.

Par rapport à d'autres lecteurs que je connais, je suis probablement mois agacée par le discours assez mystique de Julia (parce que je suis moi-même portée par un certain mysticisme, et parce que je suis habituée à lire des blogs américains un peu perchés). En revanche il y beaucoup de pages superflues me semble-t-il, beaucoup de texte écrit pour faire du volume (peut-être son éditeur la payait-il au nombre de signes?). Et étant curieuse de coaching et de développement personnel depuis déjà plusieurs années (le temps passe vite ! il n’y a qu’à consulter les archives de ce blog pour en prendre conscience), je me retrouve en terrain familier avec un certain nombre de ses propositions. ...D’excellentes mauvaises raisons pour me montrer paresseuse me direz-vous, et parcourir le livre en traitant la plupart des tâches proposées par-dessus la jambe.
D’où l’idée de venir en parler ici, comme les autres l’ont fait avant moi.


Où en suis-je donc ?
-          Un des outils essentiels proposés par Julia Cameron, le plus important semble-t-il, est les « morning pages » : 3 pages d’écriture automatique à faire quotidiennement au saut du lit, pour vider sa tête trop pleine des préoccupations qui l’encombrent et pouvoir la remplir avec autre chose. Ce qui est sûr : j’ai noirci 3 pages de carnet tous les jours ou presque, mais jamais au saut du lit. J’ai des choses beaucoup plus importantes à faire à ce moment-là. ¾ d’heure plus tard, je ne dis pas.
-          Autre outil, beaucoup plus réjouissant je trouve : l’ « artist date », un rendez-vous avec son artiste intérieur, qui est un grand gosse, et apprécie donc qu’on lui propose des activités futiles ou inédites. La semaine dernière, je me suis longuement promenée dans le cimetière de Chantilly (réflexions subséquentes à venir sur cet autre blog auquel je participe). Et aujourd’hui, j’ai regardé la couleur des sacs à main au rez-de-chaussée des grands magasins du boulevard Haussmann, pour voir si le fluo était vraiment au top de la mode. Je me suis acheté une paire de lunettes de soleil bon marché et très drôles (pour moi les montres et les lunettes de soleil doivent être bon marché et drôles). J'ai rêvé de composition florales chez Trousselier.
-          Je n’ai pas du tout fait la majorité des tâches de la semaine 1, lesquelles tournaient essentiellement autour du fait de combattre les démons qui dans notre enfance avaient bridé notre créativité. En revanche, y réfléchir m’a permis de me rendre compte que j’étais extrêmement bien entourée depuis longtemps, et que mes proches étaient pour beaucoup dans l’importance que j’accordais à l’art et à la créativité en général. En revanche, l’amateurisme éclairé étant quelque chose de très ancré dans mon histoire familiale, pourrais-je assumer de ne faire « que » créer ? Au final, cette première semaine a été essentiellement consacrée à exprimer ma gratitude. Je pense que je vais continuer.
-          Un exercice amusant : lister des vies que je voudrais vivre. Et essayer de les vivre, par petits bouts, à l’intérieur de cette vie-ci. Les circonstances des représentations de théâtre étaient très favorables pour moi, j’ai pu chanter, danser, monter sur scène… et après avoir accompagné une amie essayer des robes de mariée, avoir moi-même essayé d’en dessiner une, chose que je n’avais pas faite depuis très longtemps (« styliste » faisait partie de mes vies rêvées étant enfant). Il m’en reste 2 à vivre cette semaine, je ne sais pas encore quoi choisir.

illustration du génial MyDeadPony

A suivre !

1 mars 2012

Nourrir

Nourrir le centre duquel je peux rayonner :
Joie, amour, bienveillance, compassion, OUI ET, sens du jeu, sens de la fête, enthousiasme, don, attention à l'harmonie cosmique.
Nourrir ce qui en moi est santé, aisance. Appréhender les choses de l'intérieur, pour mieux avancer parmi elles.

24 février 2012

Joie du jeudi


La joie rayonne calmement, de mon plexus vers l'extérieur, portée par chaque respiration. Je me réveille, pas forcément très bien - la migraine, les rêves troubles - et pourtant la voici, la joie, pour m'accueillir, me souhaiter la bienvenue dans cette nouvelle journée à vivre. Mon appartement tout décoré de neuf, presque rangé, qui a enfin l'air d'être habité. Un cake au cédrat confit qui m'attend. Un pantalon que je n'ai pas porté depuis des mois. L'air doux de la fin de saison. Des chansons de Noir Désir que je redécouvre. Le plaisir de marcher dehors, un peu d'humidité sur le visage, les mains à nu. La fluidité de la circulation des piétons sur le boulevard. Le métro familier. Redécouvrir l'extérieur. Un cycliste saoul qui m'interpelle en riant. Les artisans de la rue Riquet qui écoutent du gros rap dans leur camionnette. Un couple de punks. La beauté un peu brute des voies de chemin de fer empâtées dans les derniers nuages du matin. Le visage avenant des collègues. Partager des choses que j'aime avec des personnes que je côtoie sans les connaître : je ne suis pas musicienne mais je porte dans mon dos un dulcimer. Recevoir des livres, un sur lequel je vais avoir le plaisir d'écrire, et un "livre dont vous êtes le héros" de la créativité nouvelle. Penser à mon amis Mathias qui pendant que je dormais a dessiné les personnages d'une nouvelle que j'avais écrite pour lui. Penser que j'ai, dans un tiroir de ma chambre, des centaines de perles de toutes couleurs que je prendrai, un jour, plaisir à assembler, avec une amie chère ou ma cousine à mes côtés.

9 janvier 2012

Le oui et le non


"Si on ne peut pas dire non, on ne peut pas dire oui."

"Lorsque nous descendons vers la frontière où la conscience corporelle touche à l'inconscient nous prenons conscience de ce que l'inconscient est notre force, alors que la conscience est notre gloire. Nous sentons l'unité de la vie, et nous réalisons que la signification de la vie est la vie elle-même. Nous pouvons même descendre plus bas et permettre à l'inconscient de nous envelopper comme dans un sommeil magnifique ou un orgasme extatique. Nous nous trouvons alors rénovés dans les sources profondes de notre être, et nous pouvons nous lever pour une nouvelle journée avec une conscience rehaussée, qui n'a pas besoin de s'accrocher à sa lumière éphémère par peur du noir."
 
Dr Alexander LOWEN
 La Bio-Energie

6 janvier 2012

Rémanence

Lorsqu'il partait, se creusait dans mon âme un gros trou de tristesse, d'une tristesse mortelle. Puis elle s'apaisait. Nous échangions quelques textos et cela suffisait à recréer un sentiment de présence.
Il m'appelait toujours en rentrant chez lui.
Tous les soirs, je lui souhaitais une bonne nuit, par écrit, exactement à l'heure où j'étaignais.
J'ai fait cela pendant cinq ans.
Je crois que ma peine, lorsqu'il partait, plus dure au fil des années, était la préfiguration de sa mort, comme un motif déjà tramé avant d'être réellement donné à sa pleine mesure.
Il me manque encore aujourd'hui, j'en prends conscience dans le refus car c'est une pensée inacceptable. Je sais combien être passée à autre chose est pour moi une chance, en même temps qu'un parcours évident. Je n'aime plus les phrases de roman facile comme je n'ai jamais aimé que lui, car il y a là beaucoup de tromperie, j'ai suffisamment aimé après lui pour le savoir. Mais jamais de cette exacte façon. Et quand l'osthéopathe me dit "vos émotions sont bloquées, vous devez savoir pourquoi", je pense fatalement que peut-être ce que j'ai vécu de drame a laissé sa marque en moi, dans la recherche aussi d'une vie calme et sans heurts, dans la fermeture de mon cœur aux grands élans. Certains mots restent difficiles à utiliser après lui. Je n'écris pas "à tout jamais", car je sais bien pour avoir été à moi-même infidèle, que de "tout jamais" il n'y a point.
De cet amour impossible, vécu pour être impossible, dois-je garder seulement que "c'est fait", la passion romanesque n'est plus sur ma feuille de route… ou au contraire pour lui être fidèle, d'une manière dont il eut pu être fier, me tenir heureusement en vie. Vivre surtout à l'écoute de cet élan en moi, sincère et entier, qui me lia à lui si longtemps qu'il pourrait m'y lier encore, si la mort n'était venue prendre sa part.
Je n'ai pas exactement oublié, même si je ne vois pas aujourd'hui à quoi me serviraient pour vivre certains souvenirs.
Je ne suis pas celle que j'étais à 19 ans, et pour l'essentiel, tant mieux. Mais quand mes rêves me font voler au-dessus d'une plaine bocagée, ou recueillir un lièvre blessé, je suis bien la même à tout âge, silencieuse et concentrée, aimante, tendue, libre.
"Un clou ne chasse pas l'autre.", disait-il.

Joies du jeudi #48

 * Rêver qu'un ange gardien me réapprend à voler, et que je m'élève, très haut, au-dessus des buissons d'épine et du vert des champs.


* Vivre un dimanche remarquable par son caractère dominical.

* Cuisiner un rôti familial et du porc masala.

* Manger des huîtres.

* Savourer un bon petit vin bio du pays d'Oc avec un époisses et du pain frais.

* Rencontrer, au moment de basculer dans l'année nouvelle, une femme libre, curieuse et passionnée, au beau nom de commencement.

Merci à la vie pour ce bel appel, cette belle surprise, et cette envie de la suivre au Caire, où mon enfance à encore sa maison.

Oh ! Femme future
Tous ces trésors
Le corps en aventure
Elle s'endort


(désolée pour la référence kitsch ; la coiffure de Julie Pietri est monstrueuse dans le clip, mais vous noterez que le décor est complètement dans le thème)

* Faire un tour au Panic Room avec des amis.

* Dire la vérité.

* Faire. Me remettre le pied à l'étrier.

* Intégrer de nouvelles recrues dans mon projet de spectacle.

* Dormir profondément.

* Me faire les ongles en arc-en-ciel.


* Voir une excellente adaptation théâtrale de L’Écume des jours de Boris Vian, un autre de mes amours d'enfance !
Dommage, c'est fini…mais je vous conseille de suivre les mise en scène de Béatrice de La Boulaye.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort... 

Boris Vian

4 janvier 2012

Un ordre de mission

Dans le même ordre d'idée que les intentions de Tara Mohr, je me suis attelée aujourd'hui à la rédaction de mon ordre de mission, et  ma première satisfaction fut de constater que j'avais malgré tout une idée assez claire de mon horizon, même si la façon concrète et quotidienne de faire un pas puis l'autre pour l'approcher n'est pas toujours bien définie.

"I want to learn more and more to see as beautiful what is necessary in things; then I shall be one of those who make things beautiful. Amor fati: let that be my love henceforth! I do not want to wage war against what is ugly. I do not want to accuse; I do not even want to accuse those who accuse. Looking away shall be my only negation. And all in all and on the whole: some day I wish to be only a Yes-sayer."
 
F. Nietzsche
Section 276
The Gay Science

3 janvier 2012

Intentions

J'ai eu beaucoup plus de mal à mettre au point une liste de résolutions cette année que les années passées. Peut-être justement parce que la nécessité d'évoluer, d'aller à la rencontre de moi-même et d'une vie intense et vraie se fait de plus en plus pressante, maintenant que la vie d'adulte est vraiment là, et qu' "on n'est plus là pour rigoler" (quoique.. peut-être que si justement !). Peut-être aussi parce que certaines choses nécessaires l'étaient déjà auparavant, et que les reconduire reste une priorité (je pense à la volonté de simplifier ma vie notamment, mais aussi à l'importance de faire une place à la spiritualité et au corps). Peut-être aussi parce qu'à mes vœux intimes se sur-impriment des choses bien concrètes qu'il faut régler (rendre mon appartement habitable par exemple). Peut-être aussi parce que si du point de vue des valeurs je sais de mieux en mieux vers quoi je veux avancer, je ne parviens toujours pas à visualiser à quoi devrait ressembler mon quotidien pour que je sois au sommet de moi-même et de mon adhérence au monde.

" Sometimes our intentions for the new year turn into just that: a kind of macro to-do list, with all the big projects we aim to get done. There’s nothing wrong with that. It’s just limited. There is a lot more to discover and craft about the year ahead than the list of projects our conscious minds would like to get done. There are messages from the heart. There are whispers from the soul. There are new colors to live in and there is new inner music to walk with. How do we get at those things? "


Les murmures de l'âme…
Ma raison a appris à formuler ses intentions ; elle me parle d'organisation, de santé, de progression. Et l'âme de sa voix flûtée murmure le refrain du berger ou le poème de la steppe. Elle me demande quand je quitterai enfin le stade bourgeois pour revenir au stade esthétique, ou aborder le stade religieux. Elle réclame de l'intensité, l'aventure, les pas libres sur des chemins inédits, le feu blanc de la poésie. Elle m'appelle à mettre en mouvement mes quatre pattes, et pas seulement pour une petite promenade de santé.

Pour revenir à Tara Sophia Mohr, elle propose un petit exercice intéressant pour l'année nouvelle.

Je vous laisse jouer avec voici le résultat de mon côté :

1. Parce que j'ai voulu que 2012 soit une année qui compte, j'ai enfin trouvé ma voie professionnelle cette année-là.

2. Parce que la peur de l'échec ne suffisait plus à me retenir de ne pas le faire, en 2012 j'ai pris un boulot qui me permettait d'exprimer toute ma créativité.

3. Parce que j'ai écouté les murmures à l'intérieur, en 2012 je suis partie à l'aventure sans filet.

4. Parce que les choses qui me réjouissaient enfant me réjouissent encore, en 2012 j'ai beaucoup marché dans la nature.

5. Parce que les plaisirs simples sont si riches, en 2012 j'ai passé beaucoup de temps tout calme avec des amis chers.

6. Parce que mon corps m'a servie si fidèlement et esthétiquement toutes ces années, en 2012 j'ai pris soin de lui et lui ai donné la parole.

7. Parce que le monde a besoin de moi, en 2012 je suis allée à sa rencontre.

8. Grâce aux personnes merveilleuses qui m'ont aimée et ont fait de moi ce que je suis, en 2012 j'ai fait en sorte de ne fréquenter que des gens qui me faisaient du bien.

9. Parce que je veux croire à la force du pardon, en 2012 j'ai décidé de lâcher prise à toute culpabilité et de me faire entièrement confiance.

10. Parce que le silence à fait son temps, en 2012 j'ai décidé de faire entendre ma voix sincèrement et sans violence.

11. Parce que je suis vernie, en 2012 j'ai fait toutes les bonnes rencontres aux bons moments.

12. Parce que je voulais jusqu'aux derniers jours de ma vie me souvenir de cette année avec des larmes de gratitude, j'ai fait en sorte de faire de chaque jour une fête, une manifestation magique, et une lettre d'amour à l'univers.

1 janvier 2012

La vie du corps


"La vie de quelqu'un, c'est la vie de son corps. Comme un corps en vie comprend l'attention, l'esprit et l'âme; vivre pleinement la vie de son corps consiste à être attentif, spirituel et expressif. Si l'un de ces aspects est déficient, c'est parce que l'on n'est pas totalement dans son corps. On traite son corps comme un instrument ou une machine. On sait que s'il tombe en panne on a des ennuis. Mais on pourrait dire la même chose de l'automobile, dont nous sommes si dépendants. Nous ne nous identifions pas à notre corps ; en fait nous l'avons trahi (...). Toutes nos difficultés personnelles naissent de cette trahison, et je crois que la plupart des problèmes sociaux ont une origine similaire.

(...) Si l'on ne respire pas profondément, on diminue la vie de son corps. Si l'on ne ressent pas totalement, on rétrécit la vie de son corps. Si l'on bride l'expression de soi, on limite la vie de son corps.

Il est vrai qu'on ne s'impose pas volontairement ces restrictions vitales. Elles s'élaborent en tant que moyens de survie dans un environnement familial et une culture qui renient les valeurs physiques au profit du pouvoir, du prestige et des possessions. Néanmoins, on accepte cette limitation de la vie parce qu'on ne la remet pas en question et, ce faisant, on trahit son corps. Il est également vrai que la plupart des gens restent inconscients des handicaps physiques sous lesquels ils peinent – handicaps qui leur sont devenus une seconde nature, une part de leur façon d'être dans le monde. Ils traversent en effet l'existence avec un budget limité d'énergie et de sensations.

Le but de la bioénergie consiste à aider l'individu à retrouver sa nature première, qui est une condition de liberté, un état de grâce, et possède un caractère de beauté. La liberté, la grâce et la beauté sont les attributs naturels de tout organisme animal. La liberté est l'absence de restrictions intérieures à la circulation des sensations, la grâce est l'expression en mouvement de ces courants, la beauté est la manifestation de l'harmonie intérieure qu'ils engendre. Elles dénotent un corps sain et donc un esprit également sain.

La nature première de tout être humain consiste à s'ouvrir à la vie et à l'amour. Dans notre culture, être sur nos gardes, cuirassé, méfiant et renfermé est une seconde nature. Ce sont les moyens qu'on adopte pour se protéger de la souffrance, mais lorsque ces attitudes deviennent caractérologiques ou se structurent dans la personnalité, elles constituent une blessure plus grave et créent une infirmité plus importante que celle dont on souffrait à l'origine. "

 
- Dr Alexander LOWEN
La Bio-Energie

31 décembre 2011

De la sensualité


 
" La sensualité, accord intime avec les qualités, ne se tient que dans son propre mouvement. De l'expérience sensorielle telle qu'elle a été éprouvée, on l'a vu, nous ne pouvons rien retenir, seulement constater les sédiments, les signes, qu'elle a laissés après son passage. Mais ces signes, dans l'écoute, dans l'écriture, les yeux fermés pour ne pas nous en laisser imposer par leur illusoire densité, leur arrogante insistance, nous pourrons en palper les contours, rôder sur leurs frontières. Éprouver, ce faisant, leur peau et l'envers de leur forme. En ce point où nous les effleurons, nous pouvons tout à la fois être eux et nous retirer d'eux, et dans la pulpe de nos doigts, dans le regret de notre adieu au moment de la séparation, dans l'évanouissement de cette brêve communauté de notre être et du leur, sur le fil de la coupure, connaître leur nostalgie et la nôtre, et tenter de lui donner forme à nouveau. Ecrire le mot, prononcer la parole, poser la touche de peinture qui, en cherchant à apaiser la douleur de la séparation fera revivre la présence, rouvrira - projet insensé si l'on y songe, mais réalité des songes - l'espace d'un instant. " 
 
- François Gantheret, La Nostalgie du présent

Souvent vie varie, bien fol qui s'y fie

"Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents, il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient."
-Gustave Flaubert, Madame Bovary *




Je viens de changer d'âge, nous sommes sur le point de changer d'année et je suis en train de changer d'appartement. J'entre dans ma dernière année avant la trentaine, 2012 a un fumet de fin du monde et j'ai peur de dormir chez moi.

Autour de moi, beaucoup de gens vivent des changements aussi, certains dans la souplesse et l'émerveillement, d'autres sans s'y faire. Ma belle-sœur se love dans les charmes de la rive gauche, là où ma camarade de blog, donc la situation est matériellement plus instable, se cogne à tout ce que Paris peut avoir de cruel. Certains à bientôt trente ans font de grands pas sur la voie. D'autres font des choix courageux et ont le sentiment de ne pas avancer assez vite. D'autres avancent, reculent. D'autres préparent leur quatrième enfant. D'autres ont si peu changé.

Et moi…
Petite branche frêle dans le vent, qui ne sait pas si l'aide des autres la renforce ou l'amoindrit, qui ne sait pas s'il faut se laisser emporter par la bourrasque ou continuer à pousser, et comment, pourquoi.

Âme mal nourrie par la matérialité quotidienne, corps tourmenté par les questions, intelligence qui rouille.


 
* Merci à Alice pour cet extrait

30 décembre 2011

Joies du jeudi #47


* Découvrir au retour d'une journée de travail mon nouvel appartement transfiguré par un mur d'étagères montées par mon compagnon. Je n'ai emporté qu'une partie de mes livres, je pense qu'ils y seront bien.

* Commencer la lecture du second tome de Quai d'Orsay, que je trouve encore plus génial que le premier. Chaque page, chaque case presque est une nouvelle source d'enthousiasme.

* Passer du temps avec mes deux plus vieilles amies, qui vivent désormais en province et que je ne vois plus assez souvent, mais qui me conservent une fidélité bénie. Me couler avec une délectation paresseuse dans la tranquillité versaillaise. Déjeuner chez ma cousine. Fêter Noël en famille, m'y trouver si bien. Les trois derniers jours des vacances ont été parfaits de calme et de passivité. Dans cette période de trouble, où au sens propre comme figuré je ne sais plus où j'habite, retrouver tout cet immuable m'a fait un bien fou. J'ai eu le sentiment de respirer à nouveau, comme si je pouvais enfin arrêter de nager, reprendre mon souffle et me laisser flotter.


* Porter de nouvelles boucles d'oreilles made in Vietnam.

* Voir un peu de statuaire grecque au Louvre.

* Partager mon premier dîner au 92 rue de Clignancourt.

* Être habitée après une répétition par la poésie de Saint-John Perse

… Étroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.
Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empire
Aux chambres closes du désir.


* Retrouver la santé comme on se réveille d'un vilain rêve.

* Me laisser hypnotiser par les élucubrations électro de 2manydjs à la grande halle de la Villette.

* M'offrir une tranche de rire au concert des 25 ans de Chanson + Bifluorée.

* Dîner avec mon ami JPM et en apprendre de belles sur la vie à Paris au XIXème siècle. Saviez-vous que les Buttes Chaumont, qui font aujourd'hui le ravissement des bobos pique-niqueurs, on été bâties sur un gros tas d'étrons humains ? 

10 novembre 2011

Out of Neverland


" Tous les enfants, sauf un, grandissent. "
- JM Barrie

Enfant, j'ai beaucoup lu ; j'ai pris l'habitude d'étendre ma vie présente par toutes ces vies parallèles qui m'étaient données dans les romans. A travers ces personnages de papier, j'étais adulte déjà. Entre mon existence concrète et quotidienne et toutes les vies additionnelles offertes par la littérature ou le cinéma, les niveaux de réalité étaient brouillés. 

 
Quelque chose m'est resté de cette époque sans doute : la croyance confuse que la vie d'adulte reste à venir, ou qu'elle s'attrape dans les livres. Je travaille de toutes mes forces à accepter l'idée que le moment est venu de prendre ma vie à bras-le-corps, et qu'aucun narrateur ne sera là pour l'écrire, aucun, sinon moi.

Je pense à ce film curieux et très drôle, Des nouvelles du Bon Dieu, où des égarés aux noms de héros littéraires cherchent à rencontrer leur auteur, pour qu'il retouche le piteux cours de leur vie…

Le moment est venu de vivre ma vie ...et de peut-être écrire celles des autres, celles que le temps qui m'est alloué et le hasard divin ne m'autoriseront pas à expérimenter dans ma chair.
 


Rêver est une activité d'enfant ; vivre ses rêves est une activité d'adulte, car elle passe inévitablement par le fait d'assumer la pleine responsabilité de sa vie, c'est-à-dire de ce qui a pu nous arriver par le passé comme de ce qui pourra nous arriver à l'avenir…et du présent.

9 novembre 2011

Whatever

“Whatever the present moment contains, accept it as if you had chosen it.” 
~Eckhart Tolle

Hamlet dit que rien en soi n'est bon ni mauvais, c'est la pensée qui donne aux choses leur valeur et leur polarité.
Quoi qu'il arrive, ce sera bien.
Il n'y a pas de mauvaises herbes.

8 novembre 2011

(petit) livre des changements


A quoi reconnaît-on que l'on change ?  
Ce peut être quand certains comportements qui nous étaient habituels causent un écoeurement parfois diffus, parfois net.
 
Premier exemple :
Je ne supporte plus de me voir réagir au quart de tour à une remarque blessante, ou tout autre comportement ressenti comme une agression. Dans la majorité des cas, je suis frappée (et freinée) par le fait que l'autre n'avait pas réellement la volonté de me blesser, mais qu'il exprimait un manque ou une souffrance de son côté.
Si malgré tout je laisse échapper une réaction épidermique, je me sens gênée non pas parce que c'est "mal", mais parce que c'est inutile. Répondre par un message désagréable à un message désagréable est une dépense d'énergie d'autant plus vaine qu'elle ne défoule même pas vraiment sur le moment. Inversement, une écoute attentive aux besoins de l'autre comme aux siens peut apaiser miraculeusement.




Deuxième exemple :
L'autre soir, je suis passée dans la maison de mes parents, où j'ai entreposé la majeure partie de mes affaires en attendant de pouvoir emménager. Des meubles, des cartons, des sacs… sans lesquels j'ai très bien vécu depuis deux mois. Il n'y a dans le tas qu'une ou deux choses qui m'ont manqué, paradoxalement les plus futiles : des éléments de déguisements - à moins que ce soit précisément ce que je possède de plus sérieux et essentiel… Surtout, j'ai été prise face à cet entassement d'une impérieuse envie de fuir, ou de me débarrasser de ce fatras pour m'en tenir au volume de possessions avec lequel j'ai estimé que je pouvais vivre de manière "temporaire". C'est déjà beaucoup en fait, et largement suffisant pour s'installer dans ce "temporaire". Autant dire que je sais désormais avec certitude que je peux me sentir chez moi et à mon aise sans être dans l'accumulation.


Troisième exemple :
A mon dernier passage gare St Lazare, je suis tombée dans un piège qui m'aspire avec une belle régularité depuis dix ans que j'ai de l'argent à dépenser : acheter plus ou moins compulsivement des objets censément "utiles" (en l'occurrence, des collants) et censément "soldés" sur un stand temporaire en pleine gare. La somme n'était pas importante, mais je crois que j'ai envie de jouer le jeu de ne pas me procurer de nouvel objet dont j'ai déjà suffisamment d'exemplaires à ma disposition. J'ai été dégoûtée d'avoir triché à mes propres règles, comme si je m'étais flouée d'un plaisir attendu. Étonnant, non ?


7 novembre 2011

Ce dont on ne peut parler, il faut le taire

"Lorsqu'on commence à parler du Tao, ce n'est déjà plus le Tao."   
- Pierre Mayol


  "A partir du moment où on essaye d'analyser ou d'expliquer une chose,
on perd l'essence même de la chose.
Et la vie elle-même est au-delà de toute définition,
il suffit simplement de l'éprouver et de la vivre." 

- Jacques Mayol (plongeur en apnée, "l'homme-dauphin")

6 novembre 2011

Clémence

Il y a tant de choses que j'ai envie de faire mieux, ou plus souvent, jusqu'à parvenir à un sentiment d'accomplissement. Chanter, dessiner, écrire, danser, ce qui m'est essentiel mais que je tends à oublier (comme un joueur peut oublier de se nourrir quand il est pris par son jeu). Recevoir, aider, être plus proche de mes proches, une meilleure prochaine pour mon prochain, aller à la rencontre de l'inconnu, élargir mon cercle d'amis sans perdre personne de vue. Être attentive au bien-être de mon corps, de ma tête et à mon équilibre émotionnel. Apprendre, découvrir, me souvenir. Gagner en profondeur et en surface. Lire, aller à des concerts, me nourrir de beauté, marcher en forêt, ramasser des châtaignes, connaître le nom des arbres et des champignons.
Tant de choses que j'aime, sans compter celles que je n'aime pas encore mais qui pourraient aussi m'aspirer…
Face à toutes ces envies, je tends à ressentir surtout la frustration de ne pouvoir tout vivre et tout faire, et à me sentir terriblement limitée, handicapée par ma tendance à la dispersion. 

Ce matin, dans la clémence d'une délicieuse lumière d'automne, dorée, généreuse, j'ai découvert que je pouvais aussi m'accorder ce luxe : me réjouir et me féliciter de ce que je fais, et des progrès déjà accomplis.
Après des années de découvert et d'encombrement, je me vois enfin parvenir à l'équilibre et à plus de simplicité.
Je fais tous les jours des choses que j'aime, je passe de plus en plus de temps avec des gens qui me font réellement du bien.


J'apprends à cuisiner de bonnes choses.
Tous les jours, j'apprends sans forcément m'en rendre compte. Un jour, je m'apercevrai du chemin parcouru : rien de sert de courir, mais il faut continuer à avancer.

11 septembre 2011

Croître et embellir


" Sortir de son monde, ou de son Moi habituel, est une expérience transcendentale. Cela arrive à la plupart des gens et dure plus ou moins longtemps. Ces expériences ont en commun une impression de détente, une sensation de libération et la découverte d'un Soi pleinement vivant, qui réagit de façon spontanée. Mais de telles transformations sont le fait du hasard et on ne peut ni les prévoir ni les programmer. Malheureusement, elles cessent souvent aussi soudainement qu'elles avaient commencé ; le carrosse étincelant redevient citrouille en une nuit. On reste abasourdi : quelle est la vraie réalité de l'être ? Pourquoi ne peut-on pas rester dans cet état de liberté ?
(...) Si l'on recherche la transcendance, on peut avoir de nombreuses visions, mais on s'arrêtera certainement là où l'on a commencé. Si l'on opte pour la croissance, on peut avoir quelques instants de transcendance, mais ce seront des sommets sur la route régulière menant à un Moi plus riche et plus solide.
La vie elle-même est un processus de croissance, qui commence par la croissance du corps et des organes, passe par l'établissement de la dextérité motrice, l'acquisition du savoir, l'augmentation des connexions, et finit par une sommation de l'expérience qu'on appelle sagesse. Ces divers aspects de la croissance se recouvrent, puisque la vie et la croissance s'insèrent dans un environnement naturel, culturel et social. Bien que la croissance soit un processus continu, celui-ci n'est jamais uniforme. Il y a des périodes de ralentissement, pendant l'assimilation de l'expérience, qui préparent l'organisme à une nouvelle ascension. Chaque ascension conduit à un nouveau sommet et crée ce que nous appellerons une expérience culminante. Chaque expérience culminante doit à son tour s'intégrer à la personnalité pour qu'une nouvelle croissance puisse avoir lieu et que l'on finisse par atteindre la sagesse. J'ai signalé un jour à Reich que je connaissais la définition du bonheur. Il haussa les sourcils, me regarda d'un air railleur et me demanda ce que c'était. Je répondis : Le bonheur c'est la conscience de croître. Ses sourcils retombèrent, tandis qu'il commentait : Pas mauvais.


Si ma définition a quelque validité, cela suggère que la plupart des gens entreprennent une thérapie parce qu'ils sentent que leur croissance s'est arrêtée. Assurément de nombreux patients comptent sur la thérapie pour faire redémarrer le processus de croissance. La thérapie en est capable si elle procure de nouvelles expériences et aide à écarter ou à amoindrir les blocages ou les obstacles qui empêchent d'assimiler l'expérience. Ces blocages sont des schémas de comportement structurés qui témoignent d'une résolution peu satisfaisante, compromis avec les conflits infantiles. "

Dr Alexander LOWEN
La Bio-Energie