26 avril 2010

Printemps et autres saisons

La marche humaine n'est jamais qu'une chute toujours rattrapée de justesse.

L'expérience que j'ai de la vie humaine est aussi celle d'une succession de déséquilibres, d'une dynamique d'ajustement. Il y a le fantasme de la stabilité des pierres, mais je me demande s'il n'y a pas plus de bonheur et de haute vie dans le fait d'épouser cette dynamique, de la rendre fluide. L'équilibre n'est pas synonyme d'immobilité.
De sa marche on peut faire une danse.

La vie est vaste et mouvante. Je suis en ce moment serrée au cœur par l'évidence de sa brièveté ; le gymnaste qui s'élance pour un saut doit avoir, dans sa prise d'élan, la connaissance de la façon dont il va se réceptionner et dont son mouvement va se clore. Peut-être y a-t-il quelque chose dans le quotidien qui doit être cet entraînement du gymnaste, qui travaille le saut mais sait qu'il ne peut pas éternellement rester en l'air.

J'aime ce qui participe au mouvement mais donne des pistes d'ajustement : les échanges, les signes, et les saisons. Le printemps est merveilleux pour cela : le besoin de se tourner vers l'extérieur est très fort, et dans le même temps, il faut faire de la place pour toute cette nouveauté qui approche, il faut se laisser la place de germer et fleurir, en faisant place nette de ce qui est mort.

15 avril 2010

Joie fleurie du jeudi #33


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9 avril 2010

Joies du jeudi #32

La douleur, la vraie, celle de la brisure amoureuse ou du deuil par exemple, vient gâcher le goût de l'air et rend à peu près impossible de profiter de quoi que ce soit. Et quand elle s'en va par l'effet de quelque magie, ou d'une belle chance, ou d'une victoire de la vie, on oublie sa couleur et la couche de poussière qu'elle venait poser sur chaque chose. C'est comme si elle appartenait à une autre vie.

Le souci en revanche éreinte et ronge, il joue à réveiller toute une cohorte de peurs qui n'avaient pas forcément besoin de ça... mais il n'empêche pas de jouir des moments d'amitié, des avocats à la vinaigrette, des chansons de Bob Dylan, des gens qui vous prennent dans leurs bras, du vin fruité, du soleil d'avril sur un Paris rayonnant, des bonnes idées, et de tout ce qui avance quand même.

5 avril 2010

La pensée du pire peut-elle conduire au meilleur ?

J'ai toujours vécu avec l'idée, je ne sais d'où héritée, que "le pire est toujours sûr" pour reprendre le mot de Freud (certains disent qu'il s'agit d'un proverbe espagnol, pour moi le mystère reste entier mais de peu d'importance : les mots circulent et ce pouvoir de circulation importe plus que leur origine). Autrement dit, j'ai toujours cru intimement qu'il fallait se préparer à ce pire ; aussi ai-je consacré de nombreuses heures de mon existence et beaucoup d'énergie mentale à me préparer à l'idée que je pouvais devenir aveugle, ou être mise en prison, ou torturée pour me faire avouer un secret d'État, ou réduite à la mendicité... et ce depuis mon plus jeune âge, disons depuis que j'ai été informée de la possibilité du malheur.

Assez récemment, s'est opéré en moi un revirement philosophique qui m'a permis de comprendre que se préparer au pire était non seulement une perte d'énergie, car la catastrophe n'a jamais le visage que l'on avait imaginé, mais une pratique nocive, car il s'agit bien de préparer le terrain au pire, autant dire de savonner sa propre pente pour glisser plus vite vers ce qui nous effraie. Envisager le pire, c'est déjà l'accueillir, lui préparer sa chambre en notre sein, alors que notre pensée aurait été tellement mieux employée à nous préparer au meilleur, nous mettre dans les dispositions d'esprit d'être réellement heureux.

Comme souvent, avoir conscience de la duperie de ce mode de pensée magique qu'est l'apprivoisement du pire est une chose, savoir s'en défaire en est une autre. Depuis quelques jours, je suis à nouveau prise à ce piège d'envisager l'horreur, de lui faire d'ores et déjà une place dans ma vie alors que je ne sais même pas encore si j'ai de bonnes raisons d'avoir peur. La sagesse voudrait sans doute qu'au moins je profite avec insouciance des moments présents, qui n'ont été entachés par aucune catastrophe. A quoi sert l'inquiétude ? Vivons heureux en attendant la mort disait Desproges en clignant de l'œil. L'on touche ici je crois à une question éternelle : peut-on être d'autant plus heureux que l'on sait que ce bonheur est précaire ?

2 avril 2010

La connerie et la leçon du balinais

Avant de poursuivre mon partage de notes sur le thème de la communication non-violente, je voudrais vous faire part de réflexions de simple bon sens, mais qui méritent peut-être d'être formulées car quand on en vient à se les faire il est souvent déjà trop tard...

Les ennuis arrivent rarement seuls ; ils préfèrent vous rendre visite par couples comme les témoins de Jéhovah, ou par hordes comme les Huns. Ce n'est pas un effet de malchance mais un effet de perte d'acuité de notre conscience ; comme lorsque nos sens sont émoussés par la fièvre et la lutte contre une infection, quand notre attention est absorbée par un premier souci prenant, on se trouve rapidement dans une sorte d'état second qui va faire que l'on va réagir moins vite, que l'on regardera moins avant de traverser, que l'on saura moins dire non à ce qui nous est nuisible, ou que l'on ne mesurera plus si aisément l'enchaînement des causes et des conséquences.
Là, on peut vite en arriver à faire une grosse connerie, une connerie d'inattention ou de faiblesse, un peu aidé parfois par notre pulsion de mort qui est là et qui veille. Une connerie d'une minute ou vingt secondes qui si le destin et notre épuisement s'en mêlent, pourra bien pourrir tout le reste de notre vie. La prise de conscience vient très vite après, mais une prise de conscience n'a jamais permis de remonter le temps et de corriger ses erreurs. Et là c'est le drame, parce qu'en sus de son souci d'origine, celui qu'on avait tant besoin de fuir en faisant de grosses conneries, on écope d'une angoisse monstrueuse à l'idée de la malédiction que l'on a pu attirer sur sa propre tête.

Que faire alors ? Je cherche encore. Si rien ne peut être réparé, l'urgence est probablement de se débarrasser de cette angoisse qui non seulement ne résout rien, mais n'est qu'un nouvel aimant à embrouilles. Une bonne pratique spirituelle doit aider dans ces cas-là, mais on ne devient pas un éveillé du jour au lendemain, et d'ailleurs un éveillé n'aurait sans doute pas fait la connerie pour commencer...

Il paraît que dans la culture traditionnelle balinaise, un homme qui apprend une mauvaise nouvelle commence par aller tout de suite se coucher. A mon avis, il y a là une vraie sagesse ; si vous commencez à avoir des soucis, arrêtez les frais, prenez soin de vous, ne tentez pas d'expériences nouvelles, voyez surtout des gens que vous connaissez depuis longtemps et en qui vous avez entière confiance, sortez peu, ne parlez pas à tort et à travers et surtout, dormez.
Et si c'est trop tard, que le mal est fait, dormir sera toujours la solution la moins risquée.


29 mars 2010

Quelques principes de communication non-violente

Notre analyse d'autrui est en fait l'expression de nos propres besoins et sentiments.

Nous pouvons remplacer le langage impliquant une absence de choix par un langage qui reconnaît le choix.

Préférer "En 20 matchs, je n'ai pas vu X marquer un seul but" à "X est un mauvais footballeur".

Exprimer notre vulnérabilité aide à résoudre les conflits.

Faire une distinction entre sentiments et pensées, entre ce que nous ressentons et ce que nous pensons être, notre interprétation des réactions ou comportements des autres à notre égard. Des adjectifs comme "ignoré", "incompris", "trahi" sont plus des interprétations des actes d'autrui que des sentiments réels. Les actes d'autrui peuvent être le facteur déclenchant, mais jamais la cause de nos sentiments.


Il y a 4 façons d'accueillir un message négatif : se sentir fautif, rejeter la faute sur l'autre, percevoir nos sentiments, chercher à percevoir les sentiments et besoins de l'autre.

Relier notre sentiment à un besoin : "Je me sens... parce que j'aimerais..."
Les jugements portés sur les autres sont des expressions détournées de nos propres besoins insatisfaits. Si nous exprimons nos besoins, nous augmentons nos chances qu'ils soient satisfaits. Si nous ne leur accordons pas de valeur, les autres ne leur en accorderont peut-être pas davantage. La dépression est la récompense que nous obtenons pour notre conformité.

Esclavage affectif = nous nous croyons responsables des sentiments des autres, et pensons devoir nous efforcer de faire plaisir à tout le monde.
Libération affective = nous prenons la responsabilité de nos intentions et de nos actes.

Les demandes sont à formuler en langage d'action positif. Celles qui ne sont pas accompagnées des sentiments et des besoins de celui qui parle peuvent être entendues comme des exigences. Lorsque notre interlocuteur entend une exigence, il ne voit que deux possibilités, la soumission ou la révolte.

Pour s'assurer que le message que l'on a émis est bien celui qui a été reçu, demander à son interlocuteur de le restituer ; remercier celui-ci lorsqu'il s'efforce de restituer le message ; manifester de l'empathie à l'interlocuteur qui ne veut pas restituer le message entendu.
Après avoir pris le risque d'exprimer nos sentiments et nos besoins, nous voulons souvent savoir ce que notre interlocuteur ressent, ce qu'il pense ou s'il est disposé à entreprendre une action spécifique.

Notre seule intention est de célébrer la façon dont notre vie a été enrichie par les autres.

22 mars 2010

Les mots sont des fenêtres...

Chose promise chose due, je vais vous faire partager au fil des jours prochains mes notes de lecture d'un excellent livre de vulgarisation consacré à la Communication Non Violente (ou CNV).

La CNV peut être résumée par la démarche suivante :
1/ J'observe un comportement concret qui affecte mon bien-être
2/ Je réagis à ce comportement par un sentiment
3/ Je cerne les désirs, besoins ou valeurs qui ont éveillé ce sentiment
4/ Je demande à l'autre des actions concrètes qui contribuent à mon bien-être

Il s'agit d'exprimer notre sincérité et d'écouter avec empathie, en utilisant les 4 composantes : observations, sentiments, besoins et demandes.
Selon J.Krishnamurti, observer sans évaluer est la plus haute forme de l'intelligence humaine. Pour moi, on touche ici à une sagesse proche de la Sémantique Générale - de quoi me faire à nouveau rêver à une utopie non-A...


Encore faut-il trouver en soi, face à telle personne particulière, les ressources de bienveillance nécessaire, l'envie de passer outre, de reconnaître en l'autre son frère en humanité, même s'il nous terrifie, même si l'on voudrait surtout le mettre à distance pour en être protégé. Encore faut-il pouvoir prendre le temps d'un vrai dialogue, un temps que la course du quotidien rend évasif et prompt à nous manquer. Il faudrait gagner petit à petit sur le temps consacré à faire les choses sans entièrement les choisir, sans vraiment y penser, pour donner ce temps au travail de l'écoute, de la meilleure connaissance de soi et des autres, vers une diminution du malheur du monde.
Comment voir en toi un frère si je n'ai qu'un instant pour t'apercevoir, te croiser dans la foule qui déjà m'oppresse et me broie ?

(à suivre)

21 mars 2010

Point d'étape

Dix jours plus tard, nous avons eu le temps de changer de saison, et moi j'ai tout juste pris conscience de mon silence prolongé sur ce chemin virtuel, sur les carnets qui m'accompagnent au jour-le-jour, tous ces supports écrits qui sont les adjuvants éternels de ma conscience. Comme si j'avais eu besoin de mettre un peu mon âme au repos après lui avoir fait courir un pentathlon.

J'ai l'impression d'avoir beaucoup trop parlé de moi pendant ces dix jours, à trop de gens et dans les mêmes termes, pour dresser le même état des lieux, poser une situation concrète certes mais... à quoi bon ? J'aurais peut-être eu davantage le sentiment d'avancer si au lieu de parler j'avais interrogé à mon tour tous ces gens qui avaient l'air de s'avancer vers moi avec des points d'interrogation ; j'aurais plus appris si j'avais cherché à connaître quelles étaient au juste les réponses qu'eux apportaient, pour eux-mêmes, aux questions auxquelles je tente de répondre avec maladresse.
Comment apprend-on à se taire et écouter, tout en donnant encore de soi ?

11 mars 2010

Joies du jeudi #31

Deux semaines d'un coup... et beaucoup de remuement, pour finalement revenir au calme, et à un fort besoin de sommeil.

* Boire du Vermouth de Santorin. Manger un bon gros baba au rhum, avec plein de rhum. Et des endives au jambon aussi, avant. Faire une tarte à la pistache.

* Découvrir Linda Perhacs et Walter Wegemüller. Commencer la journée avec Tom Verlaine, la finir avec Harold Budd ; fredonner avec Suzanne Vega.

* Recevoir un tableau magique et un dessin-talisman chasseur de tristesse.

* Nager. Chanter du K's Choice. Lire un petit roman suédois très agréablement troussé.

* Voir les photos de Catherine Deudon à la mairie du 9ème ; boire du jus de mangue avec la chargée de mission culturelle de l'arrondissement.

9 mars 2010

Missive

Ce soir, je voulais recopier ici quelques notes sur la "communication non-violente", prises à partir d'un livre dans lequel je me suis replongée après une longue latence...

Mais voilà que je trouve dans ma messagerie ces mots de mon correspondant tourangeau (et néanmoins peintre), mots qui m'ont causé un tel plaisir que je ne résiste pas à celui de les partager :

Tu peux devenir une figure d'amour puissant, ne te laisse ni détruire, ni avoir, réponds aux besoins de ta vitalité profonde, tu serais une Perséphone qui ne se ferait pas enlever, retrouve de ta superbe malgré le deuil, car tu es superbe. Envole toi et danse. Avec le temps, rien ne s'évanouit, mais on s'habitue à ces traces incompressibles. Laisse donc les cons de coté, surveille toi, fais attention de ne pas te laisser aller, garde ta ligne, car tu en as la force, ne doute plus de toi, je te dis tout ça parce que je t'aime, vu que t'es mon auteur, non, je t'adore et c'est mieux ainsi, car on pourrait inventer un autel ou nul ne paierai de sa vie, mais gagnerait de sa santé.

Franchement, après ça, est-ce que je peux encore me permettre de mal dormir ?

6 mars 2010

Notes du carnet de soie

Toute méditation commence par une prière pour le bien de tous les êtres.


"Seule compte, seule est efficace la vérité que nous découvrons nous-mêmes."
- Alexander David Neel




Si ma vie devait être un film, il faudrait que le réalisateur accorde une attention spéciale à ces frémissements qui vont déterminer les séquences suivantes en me faisant m'affilier à telle ou telle (mais non n'importe quelle) église ; toujours des fins de règne ou de cycle, moments de recomposition où l'avenir se fomente.

2 mars 2010

Exercice de pensée positive

ne pas dire

je suis épuisée

mais

je comprends combien le sommeil est précieux

pas

tu m'oublies

mais

tu me laisses le temps de m'occuper de moi

pas

je vis dans un grand sentiment d'insécurité

mais

tant de choses sont possibles

pas

j'ai le cœur broyé par la mélancolie

mais

j'ai retrouvé le besoin d'écrire et une forme d'hypersensibilité à la musique

pas

tu me manques

mais

il y a des gens qui sont là pour moi et avec qui je me sens bien

pas

je suis déçue

mais

c'est le moment idéal pour avancer


pas

je vieillis

mais

je connais de plus en plus de chansons

pas

tout le monde s'en fout

mais

créer transmue toute perte en un acte d'amour que recueille celui qui passe

Echevelée

Ces jours-ci j'ai décidé (mais est-ce vraiment une décision?) de faire corps avec ma folie. Le monde est hors de ses gonds, le vent ravage les côtes et les failles secouent le Pacifique, la vraie folie serait de chercher une cohérence, alors que tout aspire au chaos.

Alors je danse avec le chaos, je tourne sur la platine, j'improvise avec la basse, je rêve avec l'armoise, j'héberge les insensés. Je me laisse porter par une lune de haute magie.


28 février 2010

The day after

I'd like to be able to cry. I'd like to know what happened. Can somebody tell me what's wrong with me?
And I feel bad, and dirty. I'd like to forget, to delete that night.

The sun is slighty shining. It's the day after. The rest is past.

27 février 2010

Traverse


"Ne te détourne pas, par lâcheté, du désespoir. Traverse-le. C'est par-delà qu'il sied de retrouver motif d'espérance. Va droit, passe outre. De l'autre côté du tunnel, tu trouveras la lumière."


- André Gide

24 février 2010

Wishful thinking

"Je désire ardemment, j'espère un peu, je ne demande rien."

- Le Tasse

23 février 2010

Armistice


Parfois il ne faut tout simplement pas insister.
Quelle que puisse notre envie de faire bonne figure, d'être plein d'allant, de désir, de motivation, d'esprit festif, de courage... accepter de se trouver vaincu, le temps d'une soirée ou d'une semaine ou d'un an.
Courber l'échine, poser ses armes, et simplement attendre que passent la peine, la grippe, la fatigue ou l'écœurement.

18 février 2010

Joies du jeudi #29

* Me lancer dans une vaste entreprise de listage de toutes les choses que je dois ou voudrais faire. Chercher l'ordre et l'allègement.

* Aller au concert de Pat Metheny avec l'ami Sly.

* Manger des oeufs de lump et du saumon avec de la crème.

* Faire une longue partie de Battlestar Galactica.

* Fêter la naissance d'une association avec des gens bien (Pierre Bady, José Munoz - pas le dessinateur - , Dominique Gibert des éditions Diateino... qui publient Seth Godin d'ailleurs à ce que je viens de découvrir).

* Gagner du temps pour moi. Découvrir que, parfois, on peut vivre ce que l'on veut, et que ce n'est peut-être pas si compliqué.


Et pour la grande joie folle d'aujourd'hui, ces mots de Kerouac qui m'accompagnent depuis quinze ans et que je n'ai jamais démentis :

The only people for me are the mad ones, the ones mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing but burn, burn, burn like fabulous roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes 'Awww!

17 février 2010

Phrasebook



Please try to understand my point of view.
Wait, can I take that back?
You don’t have to solve this—it helps me just to talk to you.
This is important to me. Please listen.
I overreacted.
I see you’re in a tough position.
I can see my part in this.
I hadn’t thought of it that way before.
I could be wrong.
Let’s agree to disagree on that.
This isn’t just your problem, it’s our problem.
I’m feeling unappreciated.
We’re getting off the subject.
You’ve convinced me.
Let’s take a break for a few minutes.
Please keep talking to me.
I realize it's not your fault.
That came out all wrong.
I see how I contributed to the problem.
What are we really fighting about?
How can I make things better?
I’m sorry.
I love you.

(via the happiness project)

Trucs


" What have I learned, with time and experience? Not much, I fear.
Here are my Secrets of Adulthood. Although these items may not seem particularly profound, each one was a revelation when I finally figured it out:

The days are long, but the years are short.
Someplace, keep an empty shelf.
Turning the computer on and off a few times often fixes a glitch.
It's okay to ask for help.
You can choose what you do; you can't choose what you LIKE to do.
Happiness doesn't always make you feel happy.
What you do EVERY DAY matters more than what you do ONCE IN A WHILE.
You don't have to be good at everything.
Soap and water removes most stains.
It's important to be nice to EVERYONE.
You know as much as most people.
Over-the-counter medicines are very effective.
Eat better, eat less, exercise more.
What's fun for other people may not be fun for you -- and vice versa.
People actually prefer that you buy wedding gifts off their registry.
Houseplants and photo albums are a lot of trouble.
If you're not failing, you're not trying hard enough.
No deposit, no return. "

Via The happiness project

(illustration : Shaun Tan)


16 février 2010

Et pourquoi pas

" Love is patient, love is kind. It does not envy, it does not boast, it is not proud. It is not rude, it is not self-seeking, it is not easily angered, it keeps no record of wrongs. Love does not delight in evil but rejoices with the truth. It always protects, always trusts, always hopes, always perseveres. "

Corinthians, 1st.


You really shouldn’t say, “I love you” unless you mean it. But if you mean it, you should say it a lot. People forget.

14 février 2010

Croûte terrestre

Prendre un train, la terre sera faite plane, à suivre l'horizon nous ne reviendrons pas sur nos pas.
Refaire le cycle de se trouver en gare, on regarde droite, gauche, on est dedans. Reprendre la patte du vécu. Notre jeu est dans cette amorce de départs voulus immensément insensés. Je tiens la carte, vous demandez : nous sommes perdus ? Rendez-moi cela, je nous perdrai mieux encore. Et dans chaque égarement une nouvelle voie trouvée, un peu comme un nouvel angle de reins lorsque, au-delà de tout, nous nous rencontrons. Qu'inventons-nous là, sinon le centre du monde. A toujours s'en éloigner.
Il y a d'abord l'écorce, puis le manteau, sous lequel contre le froid mes mains se glissent, et au cœur ce que l'on nomme le noyau et la graine, pas en fusion comme l'idée commune porte à le croire, mais ramassé, dur d'énergie contenue et de pleine concentration. Cette graine, d'où rien ne germera, donne son poids à la terre. Nous sommes des aimants, qui glissent en surface, guidés depuis le fond par l'âme du fer.

2005, in memoriam.

11 février 2010

Joies du jeudi #28

* Le plaisir de jouer, de prendre en bouche un beau langage.

* Boire du champagne (deux fois dans la même semaine ! hourra!).


*Partager des moments de snobisme intense, en parlant de pantone et de l'art du cirage.

* Lire le Bonbon au Café qui parle, et découvrir que je pourrais croiser dans le quartier la délicieuse Cerise Diva Champomy.


* Accueillir un nouveau meuble (très bath) dans mon salon et en profiter pour faire le vide.

* Suivre mon premier cours de gym suédoise.

* Être sensuellement fascinée par les toiles de Pierre Soulages (surtout celles des années 1950).

* Manger des frites.

* Écouter Pulp et Jarvis Cocker (non ce n'est pas redondant). Je trouve Dishes d'une LouReeditude totale, don't you agree ?

* Faire l'ours. Me blottir dans la fréquentation de gens avec qui je suis en confiance. Être en terrain connu et rassurant.

* Recevoir des conseils de très bon sens m'aidant à raison garder.

* Être à pied d'œuvre par erreur une heure avant l'heure nécessaire et y gagner une heure de tranquillité rien que pour moi.

Questions notées sur un coin de page

1. What’s my Someday?
2. When do I want to complete it?
3. What are the big steps to get there?
4. What am I doing right now to move things forward?
5. How much progress have I made since starting?
6. Anything missing?


9 février 2010

Raison critique

Depuis quelques jours, s'est installé en moi un sentiment de perte de sens et de centre. La nuit venue, je rêve que je passe du temps dans la maison de mon enfance, entourée d'amis auprès de qui je ne suis pas en représentation. J'éprouve un besoin de recentrement, sans savoir où se situe au juste ce centre mystérieux. Mon dispersement me cause un vague haut-le-cœur, et dans le même temps, je peine à distinguer entre les limites que je me pose abusivement, par habitude et atavisme éducatif, et celles que je ferais bien de me poser pour y voir plus clair.

Par exemple, je pourrais me concentrer sur ma bonne résolution de l'année (faire du sport).
Ou sur la tâche la plus urgente de la journée, et ne rien faire d'autre.
Ou sur ce dont je sens que j'ai besoin depuis plusieurs mois (faire le vide).
Ou sur ce qui ne nécessite pas que je m'use les yeux sur un écran d'ordinateur.
Ou à voir les gens qui me manquent vraiment, beaucoup.
Ou à en rencontrer de nouveaux.
A tout hasard. Ces limites-là pourraient me permettre de respirer plus amplement.


Je pourrais aussi arrêter de porter un jugement systématique sur ce que je fais. Peut-être cela participe-t-il de ce que l'on appelle : lâcher prise?

7 février 2010

Une piste pour la recherche pharmaceutique


J'aimerais qu'il existe des vitamines qui donnent volonté, courage, endurance, persévérance, patience. Qu'il suffise d'avaler un petit cachet pour franchir les pas intimidants et tenir le temps de l'effort. Ne plus me laisser ramollir ou abattre. J'aimerais devenir instantanément quelqu'un de dur et solide. Où les gens trouvent-ils ces ressources-là ?

6 février 2010

Take the good times and run

I want people to know that almost everything that concerns them in their daily lives is of no consequence whatsoever. Nothing and nobody is really important, so people, realising that, should get on with their lives, go mad, take their clothes off, jump in the canal, jump into one of those supermarket trolleys, race ‘round the supermarket and steal Mars bars and, y’know, kiss kittens and sit on the back of bread vans. Whatever makes people happy they should just do it, ‘cos time is a mere scratch and life is nothing.

- Morrissey


5 février 2010

Joies du jeudi #27

* Me trouver du temps à perdre.

* Écouter John Greaves, Robert Wyatt, le dernier Harold Budd, les Kinks et Suzanne Vega ... et me trouver, par le truchement d'une unique rencontre, à trois degrés de séparation de David Bowie & Andy Partridge, et à deux degrés de Chava Alberstein. Faire des colliers de perles en écoutant Aimee Mann. Beaucoup de musique. Énormément, pas encore assez.* Vivre des journées sans stress ; par les temps qui courent, chacune est une victoire.

* Découvrir de Zuber babiers beints.

* Poursuivre une correspondance frénétique à arrière-pensées artistiques. Revoir des gens qui s'étaient éloignés de mon horizon. Échanger avec des gens qui s'adressent à moi comme auteur et comme comédienne. Le bonheur que j'y prends fait remonter de vieilles questions concernant mon identité et son lien (ou pas) avec mon gagne-pain.

* Vivre un moment de pur bien-être chez Sanhugi (incluant Lou Reed, un rayon de soleil, un tatoueur et son croquis, et une tasse de café noir). M'offrir un backgammon (il ne me reste plus qu'à réapprendre à y jouer).

* Me faire conseiller un cours de boxe française dans un quartier chouette et un cours de danse derrière chez moi. Je sens que je vais bientôt quitter les velléités pour l'action.
* Me faire expliquer l'infini. Et pourquoi Q est dense dans R, et pourquoi la vitesse, et les découvertes de Galilée à Pise.
* Faire des rêves clairs et signifiants. Être réveillée par une petite chanson de Marc Perrone. Prendre mon temps le matin.
* Passer quatre jours au festival d'Angoulême !
Parmi les joies rencontrées en pays charentais, citons:

les Nekomix bien sûr, qui m'ont accueillie comme l'une des leurs, avec une mention particulière pour Tim et Souky que j'ai découverts à cette occasion
mais aussi les Éditions Makaka, Laurent Melikian, Café Creed, Manolosanctis
les bonnes têtes de Brüno et Jens Harder (pour qui j'ai voté dans la sélection officielle, cf.planches folles ci-dessus), et le nombre incroyable de gens choux croisés en ces quelques jours. J'ai aussi pu apprécier une forte densité de Kobaïens (...je me demande d'ailleurs si je n'ai pas croisé Jannick Top...).
Ö bëlïhn Sï Gëlïhn Rë bidïïhn
Dö bëlïhn Sï Gëlïhn Dö bëlïhn
Sï wilïhn Sï wëlïhn Rës ?
Slaöss !

2 février 2010

Limelight

Quelques paroles reçues ces jours derniers d'une voix tourangelle :

Ne vois-tu rien, toi qui pressens si violemment la mer.

Ton visage de cendre pourrait reprendre la couleur du buis.

Tu n'es pas une taupe : si tes galeries ne servent qu'à toi, écrase-les.


L'énergie doit se dépenser dans tout, la joie comme la souffrance.
Les obstacles ne fondront pas. Ces objets seront toujours là. Seulement il faut faire sauter les barrières, ne plus subir de pression, surtout préserver son intégrité morale. Passer maître. Alors tu riras de tout ce qui t'a fait souffrir. Ce ne sera pas de la joie. Il est des rires qui ne sont que souffle.

Toutes les portes sont ouvertes à qui sait ne plus se laisser influencer. Conflit d'autorité.

Tranquilité, détachement. Le monde des hommes n'est qu'une vaste fumisterie. L'art, le reflet de cette vanité, maigre élévation. Mais oui c'est possible. Demande-toi qui vaut mieux que toi. Si tu trouves un nom, c'est que tu n'y es pas encore. Sois ce que tu es. Tu es magnifique.