30 mai 2010
Angst
J'ai peur. Peur, peur, panique, paranoïa, pourquoi, pourquoi. Qu'on m'abandonne. Qu'on me laisse. Qu'on me jette comme un emballage vide. J'ai si peur que j'en viens à anticiper le moment où, bien sûr, évidemment, cela arrivera. Je prévois des répliques, des réactions, je me blinde à l'avance contre une des choses que je veux le moins voir arriver.
Il n'y a pas d'évidence. Rien n'est écrit, rien ne doit forcément se produire. Mais si, mais quand, mais si cela venait à frapper à ma porte?
Une absence de réponse sonne comme un désaveu, le silence est la preuve du désamour certain. Est interprété comme. J'oublie souvent le verbe.
ça se passe dans ma tête. ça tourne et frappe, encore et encore, cela revient, un répit entre les spasmes, je n'ai pas de remède.
J'en suis venue à me dire que les autres sont mieux que moi, évidemment qu'il ferait mieux de sortir avec telle ou telle, elle est tellement plus jolie/intelligente/polyglotte/cultivée/intéressante que moi. Si une autre arrive, je m'effacerai, car je ne vaux rien.
Je n'ai pas d'explication à cette crainte qui me tenaille. J'en suis venue à espérer le calme, l'absence de passion, pour éviter de souffrir de l'absence de l'aimé. Je pourrais vous décrire mes qualités par le menu, avec une objectivité froide de chasseur de tête. Et puis comme une anorexique, vous dire que je me vois trop grosse, trop moche, trop bête, transparente, sans caractère aucun. Un ectoplasme sans consistance.
Une part de cette peur vient de celle d'aimer. Je ne suis pas douée pour l'abandon. La confiance n'est pas mon point fort, j'ai été trop souvent déçue. Je n'attends plus rien de personne, comment pourrais-je croire qu'on m'aime, surtout si on ne me le dit pas?
Un appel d'ami me semble toujours un cadeau, j'ai du mal à croire qu'on pense à moi. Je me suis moi-même mise dans la peau du passe-muraille.
Cela n'a pas toujours été le cas. Je me souviens de cette enfant qui s'était levée en classe, protestant contre l'attribution de la couronne de la galette des rois à une autre par son amoureux officiel.
J'aimerais être de nouveau cette petite fille de quatre ans qui pensait normal d'être courtisée. La peste de six ans qui n'avait pas prêté un regard à son voisin, lui qui pourtant a conservé son nom pendant 22 ans dans un coin de son coeur.
J'ai une deuxième chance. Pour la célébrer, je voudrais retrouver cette légèreté et cette confiance, cette évidence de l'amour qu'on ne connaît qu'une fois. Je ne veux pas me battre, pas contre les autres, mais surtout pas contre moi-même. Je veux être rassurée, j'en ai marre d'être forte et stoïque, je veux juste être une fille, parfois fragile et bête, parfois andouille et maladroite, sans avoir à me justifier ou craindre le rejet.
J'en ai marre d'avoir peur.
24 mai 2010
Savoir-vivre
¤ Trouvez quelque chose qui vous rend heureux, et faites-le souvent.
¤ Trouvez quelque chose qui rend une autre personne heureuse, et faites-le souvent
¤ Arrêtez de vous mentir. Arrêtez de vous dire que vous êtes heureux dans une situation qui ne vous convient pas, et travaillez à l'améliorer. Arrêtez d'essayer d'être quelqu'un que vous n'êtes pas par souci de façade sociale.
¤ Ayez confiance en vous.
¤ Posez de meilleures questions. Plutôt que de vous demander "pourquoi mon travail est-il si pourri?", demandez-vous "qui peut m'aider à trouver un emploi qui me plaira?". Évitez le mot "pourquoi", si accusatoire.
¤ Nos vies sont les histoires que nous nous racontons. Si vous n'aimez pas votre vie, racontez-vous une autre histoire.
¤ Faites des actes de gentillesse au hasard et des actes esthétiques sans but.
¤ Planifiez pour arriver pas-à-pas à ce que vous voulez atteindre.
¤ Riez même (surtout) si c'est politiquement incorrect
¤ Marchez dans les bois.
¤ Ouvrez la fenêtre.
¤ Rappelez vous que toute émotion, toute situation est transitoire
¤ Soyez courtois.
¤ Souriez aux inconnus (mais pas seulement)
¤ Les intentions ne comptent pas : agissez.
¤ Prenez chaque jour du temps pour vous offrir du calme et de l'espace. Jouissez de ces moments de solitude.
¤ Apprenez.
¤ Tissez des liens.
¤ Vos habitudes vous contrôlent : apprenez à contrôler vos habitudes.
¤ Ne vous souciez pas de ce sur quoi vous ne pouvez pas agir.
¤ Économisez votre énergie en disant la vérité.
¤ Essayez.
¤ Demandez.
¤ Fuyez quand il le faut et décommandez-vous autant que possible.
16 mai 2010
Après le déluge
" - J'ai prêché et démontré ceci : se détourner de la puissance politique, déchaîner celle qui est intérieure, la violence d'une vie humble qui ne craint pas de se perdre, qui accepte le risque de témoigner. "
" La foule qui s'était réorganisée après le déluge était une foule apeurée. Elle rêvait d'un lieu qui ne serait jamais plus englouti, une hauteur qui fonderait une alliance avec le ciel. Tel était le but de la tour. Dieu intervint par le don mystérieux des langues qui nous contraint à apprendre les multiples façons de nommer le même soleil, le même pain. En échange, nous avons eu les alphabets, les prières, les chants. Et nous eûmes le vaste monde à habiter, nous détournant ainsi de l'illusion d'un centre."15 mai 2010
La prière et l'écriture
"Rabbi Nachman de Brestlau déclarait que le repentir n'était pas une impulsion de détachement, l'élan par lequel le plongeur se détache du promontoire, mais le sentiment qui pousse un homme placé devant l'erreur, le tort, à ne pas y retomber, à ne pas en commettre d'autre, pour la première fois. Nachman dit que le repentir est un projet qui concerne le futur, plus que le regret tourné vers le passé.""Quel privilège absolu dans la voix de David qui déclare s'être mis à l'abri de Dieu. Comment peut-il le savoir? Comment peut-il croire que son intention de se réfugier a été exaucée? Et pourtant c'est ainsi, sa volonté s'accomplit du seul fait de sa foi. Il peut dire sans présomption : je me suis réfugié en toi."
" Aujourd'hui, nous sommes habitués à être comptés, inscrits et incorporés dans des listes, à disposer de nombreuses marques numériques. Certains estiment normal, par simple scrupule, de relever aussi les empreintes digitales de femmes et d'hommes arrivés jusqu'à nous dans leurs fuites sans fin. C'est pourquoi nous, hommes modernes, ne pouvons pas comprendre la peur des Hébreux d'alors, la ruine dont ils avaient déjà fait l'expérience quand un de leurs rois avait osé compter le peuple auprès duquel Dieu avait planté d'abord une tente, puis un temple. Ce roi obtint des chiffres erronés et subit le châtiment d'une épidémie. Les Hébreux avaient donc déjà été mis en garde contre l'arrogance de donner un nombre aux êtres humains."
L'incompressible
Une bonne nuit de sommeil est déjà un commencement de traitement. Et après ?13 mai 2010
Le tiroir à trésors de Fifi Brindacier
Certaines couleurs m'émeuvent comme si à les reconnaître je pouvais dans un ailleurs flou les posséder, ou en retrouver la densité dans ma mémoire, après la mort. La fonction d'enregistrement : fantasme qui ne m'a jamais quittée.
(Lyon, 2004)
12 mai 2010
N'oublie pas ta puissance
Laisse-toi enfler par cette joie d'enfant qui jette des pierres au ciel, et tourne sur place jusqu'à être ivre.
11 mai 2010
3 conseils pour avancer
Aussi vous fais-je partager aujourd'hui trois excellents conseils de Leo Babauta à destination des hyperactifs stressés procastinateurs de mon espèce :
1/ N'avoir qu'un seul "grand objectif" à la fois : quelque chose qui puisse être accompli à moyen terme (sous 6 mois ou 1 an), que ce soit publier un livre, courir un marathon ou arrêter de fumer.
2/ N'être impliqué que dans 3 projets à la fois. Ceci implique de commencer par faire la liste de ses projets et d'en sélectionner 3, à enjeu fort, et qui puissent être menés à bien en une ou deux semaines. Ne pas ajouter de nouveaux projets avant d'en avoir fini avec ceux-ci. A priori, sur les trois, il y aura un projet à caractère professionnel et au moins un en lien avec le "grand objectif".
3/ Tous les soirs avant de se coucher, écrire les 3 tâches les plus importantes à accomplir le lendemain, et s'y atteler au réveil avant de faire quoi que ce soit d'autre. Choisir par exemple une tâche à caractère professionnel, une tâche en lien avec son "grand objectif" et une tâche relative à sa vie personnelle, en se demandant : est-ce qu'accomplir cette tâche aujourd'hui aura un impact profond sur ma vie dans une semaine, un mois, un an ? Ceci implique bien sûr de se lever de bonne heure...
Sages conseils n'est-ce pas. Je vais peut-être les suivre, tiens. Demain.
7 mai 2010
Une pensée
6 mai 2010
Joies du jeudi #34
* Rêver de folle musique, de fête, de retrouvailles errantes et d'amitié. Rêver aussi que j'ai droit à une bonne sieste, à l'ombre de persiennes closes. Oui, je rêve que je dors : quand je vous disais que le sommeil était un trésor.
* Redécouvrir le plaisir du travail théâtral et le sentiment de donner le meilleur de moi.
* Lire un livre de vulgarisation sur l'analyse transactionnelle (notes à venir).
* Recevoir d'une correspondante américaine au pseudonyme aussi imprononçable qu'un nom de volcan islandais des graines de dahlias, de corbeilles d'argent et de coquelicots.
* Faire des croquis d'après modèle vivant à l'Académie de la Grande Chaumière (merci Laure pour la bonne adresse !). Qui m'accompagne la semaine prochaine ?
5 mai 2010
Comment avoir une bonne mauvaise journée
1- Avoir une activité physique. Sauf si votre problème du moment est précisément que vous avez la jambe dans le plâtre ou une double pleurésie, faire du sport ou quelque chose de physiquement exigeant (comme retourner la terre du jardin ou gratter le fond du four) présente deux avantages essentiels pour vous détourner de vos angoisses. D'une part, vous prêtez attention à votre corps, à votre respiration, à votre énergie, ce qui a généralement pour effet de vous calmer. D'autre part, vous faites quelque chose d'utile (si vous avez choisi de gratter le fond du four) ou de bon pour votre santé (si vous êtes allé courir), donc au moins votre temps de contrariété s'est trouvé bien employé.
2 - Ceci peut d'ailleurs être extrapolé au fait de faire une de ces choses utiles que l'on a tendance à repousser : trier ses paperasses administratives, aller chez le dentiste... c'est le moment de les faire : de toute façon la journée était déjà pourrie. Je peux témoigner : j'ai d'excellents souvenirs de dentiste dans ce genre de moments.
3 - Faire quelque chose de bien pour quelqu'un d'autre. Donner des infos, des contacts, porter les paquets de la vieille dame... Le système chrétien a fait ses preuves.
4 - Arrêter de ruminer. Même si c'est le premier réflexe que l'on a (surtout les femmes semble-t-il), se rejouer la scène qui nous a contrarié et imaginer mille scénarios à partir des moindres détails n'apporte rien de bien positif. Aller au cinéma est souvent une bonne option. Je recommande en particulier les films à grand spectacle ou pour enfants qui permettent de régresser un bon coup et de se laisser porter par des images et un rythme.5 - Parler à quelqu'un d'important pour soi. Appeler son meilleur ami par exemple.
6 - Faire quelque que chose de fou-fou, futile, rigolo... jouer avec des enfants, manger des glaces, aller à la fête foraine, se déguiser en drag-queen...
7 - Agir comme on aimerait se sentir. Comme un acteur, travailler à donner une apparence de calme et de joie. Bien à faire dans le métro par exemple, en considérant les autres passagers comme des spectateurs vers qui il faudrait envoyer de la joie. Du coup les gens vous sourient, et vous redonnent de la vraie joie toute neuve. C'est du blanchiment émotionnel, en quelque sorte.
8 - Demander de l'aide. Ceci va avec le 5, mais on peut essayer de voir les choses de manière plus pragmatique : concrètement, qu'est-ce qui vous contrarie ? Y a-t-il des moyens de mettre fin à cette contrariété ? Toujours partir du principe que tout problème a sa solution.
9 - Aller se coucher de bonne heure. Le bonheur appartient à ceux qui dorment bien et beaucoup. Et les rêves de la nuit peuvent apporter des solutions, des éclairages ou des compensations.
27 avril 2010
I am the most important person
On en oublie parfois que la personne la plus importante, c'est soi même. Il faut se garder de se perdre dans les autres, de concilier ou d'accepter les compromis. Ce serait se compromettre, littéralement - et entacher son essence, voire ruiner pour toujours son estime de soi. Il faut prendre soin de soi, en premier lieu et avant tout autre chose. Que peut faire un pompier s'il est blessé? Que peut construire un maçon s'il a un bras dans le plâtre?
Et avec un peu de chance, au bout d'un moment, la lampe deviendra inutile, car la lumière jaillera d'elle-même de nous sur les autres.
26 avril 2010
Printemps et autres saisons
L'expérience que j'ai de la vie humaine est aussi celle d'une succession de déséquilibres, d'une dynamique d'ajustement. Il y a le fantasme de la stabilité des pierres, mais je me demande s'il n'y a pas plus de bonheur et de haute vie dans le fait d'épouser cette dynamique, de la rendre fluide. L'équilibre n'est pas synonyme d'immobilité.
De sa marche on peut faire une danse.
La vie est vaste et mouvante. Je suis en ce moment serrée au cœur par l'évidence de sa brièveté ; le gymnaste qui s'élance pour un saut doit avoir, dans sa prise d'élan, la connaissance de la façon dont il va se réceptionner et dont son mouvement va se clore. Peut-être y a-t-il quelque chose dans le quotidien qui doit être cet entraînement du gymnaste, qui travaille le saut mais sait qu'il ne peut pas éternellement rester en l'air.
15 avril 2010
9 avril 2010
Joies du jeudi #32
Le souci en revanche éreinte et ronge, il joue à réveiller toute une cohorte de peurs qui n'avaient pas forcément besoin de ça... mais il n'empêche pas de jouir des moments d'amitié, des avocats à la vinaigrette, des chansons de Bob Dylan, des gens qui vous prennent dans leurs bras, du vin fruité, du soleil d'avril sur un Paris rayonnant, des bonnes idées, et de tout ce qui avance quand même.
5 avril 2010
La pensée du pire peut-elle conduire au meilleur ?
Assez récemment, s'est opéré en moi un revirement philosophique qui m'a permis de comprendre que se préparer au pire était non seulement une perte d'énergie, car la catastrophe n'a jamais le visage que l'on avait imaginé, mais une pratique nocive, car il s'agit bien de préparer le terrain au pire, autant dire de savonner sa propre pente pour glisser plus vite vers ce qui nous effraie. Envisager le pire, c'est déjà l'accueillir, lui préparer sa chambre en notre sein, alors que notre pensée aurait été tellement mieux employée à nous préparer au meilleur, nous mettre dans les dispositions d'esprit d'être réellement heureux.
Comme souvent, avoir conscience de la duperie de ce mode de pensée magique qu'est l'apprivoisement du pire est une chose, savoir s'en défaire en est une autre. Depuis quelques jours, je suis à nouveau prise à ce piège d'envisager l'horreur, de lui faire d'ores et déjà une place dans ma vie alors que je ne sais même pas encore si j'ai de bonnes raisons d'avoir peur. La sagesse voudrait sans doute qu'au moins je profite avec insouciance des moments présents, qui n'ont été entachés par aucune catastrophe. A quoi sert l'inquiétude ? Vivons heureux en attendant la mort disait Desproges en clignant de l'œil. L'on touche ici je crois à une question éternelle : peut-on être d'autant plus heureux que l'on sait que ce bonheur est précaire ?2 avril 2010
La connerie et la leçon du balinais
Les ennuis arrivent rarement seuls ; ils préfèrent vous rendre visite par couples comme les témoins de Jéhovah, ou par hordes comme les Huns. Ce n'est pas un effet de malchance mais un effet de perte d'acuité de notre conscience ; comme lorsque nos sens sont émoussés par la fièvre et la lutte contre une infection, quand notre attention est absorbée par un premier souci prenant, on se trouve rapidement dans une sorte d'état second qui va faire que l'on va réagir moins vite, que l'on regardera moins avant de traverser, que l'on saura moins dire non à ce qui nous est nuisible, ou que l'on ne mesurera plus si aisément l'enchaînement des causes et des conséquences.
Là, on peut vite en arriver à faire une grosse connerie, une connerie d'inattention ou de faiblesse, un peu aidé parfois par notre pulsion de mort qui est là et qui veille. Une connerie d'une minute ou vingt secondes qui si le destin et notre épuisement s'en mêlent, pourra bien pourrir tout le reste de notre vie. La prise de conscience vient très vite après, mais une prise de conscience n'a jamais permis de remonter le temps et de corriger ses erreurs. Et là c'est le drame, parce qu'en sus de son souci d'origine, celui qu'on avait tant besoin de fuir en faisant de grosses conneries, on écope d'une angoisse monstrueuse à l'idée de la malédiction que l'on a pu attirer sur sa propre tête.
Que faire alors ? Je cherche encore. Si rien ne peut être réparé, l'urgence est probablement de se débarrasser de cette angoisse qui non seulement ne résout rien, mais n'est qu'un nouvel aimant à embrouilles. Une bonne pratique spirituelle doit aider dans ces cas-là, mais on ne devient pas un éveillé du jour au lendemain, et d'ailleurs un éveillé n'aurait sans doute pas fait la connerie pour commencer...
Il paraît que dans la culture traditionnelle balinaise, un homme qui apprend une mauvaise nouvelle commence par aller tout de suite se coucher. A mon avis, il y a là une vraie sagesse ; si vous commencez à avoir des soucis, arrêtez les frais, prenez soin de vous, ne tentez pas d'expériences nouvelles, voyez surtout des gens que vous connaissez depuis longtemps et en qui vous avez entière confiance, sortez peu, ne parlez pas à tort et à travers et surtout, dormez.
Et si c'est trop tard, que le mal est fait, dormir sera toujours la solution la moins risquée.

29 mars 2010
Quelques principes de communication non-violente
Préférer "En 20 matchs, je n'ai pas vu X marquer un seul but" à "X est un mauvais footballeur".
Faire une distinction entre sentiments et pensées, entre ce que nous ressentons et ce que nous pensons être, notre interprétation des réactions ou comportements des autres à notre égard. Des adjectifs comme "ignoré", "incompris", "trahi" sont plus des interprétations des actes d'autrui que des sentiments réels. Les actes d'autrui peuvent être le facteur déclenchant, mais jamais la cause de nos sentiments.

Relier notre sentiment à un besoin : "Je me sens... parce que j'aimerais..."
Les jugements portés sur les autres sont des expressions détournées de nos propres besoins insatisfaits. Si nous exprimons nos besoins, nous augmentons nos chances qu'ils soient satisfaits. Si nous ne leur accordons pas de valeur, les autres ne leur en accorderont peut-être pas davantage. La dépression est la récompense que nous obtenons pour notre conformité.
Libération affective = nous prenons la responsabilité de nos intentions et de nos actes.
Les demandes sont à formuler en langage d'action positif. Celles qui ne sont pas accompagnées des sentiments et des besoins de celui qui parle peuvent être entendues comme des exigences. Lorsque notre interlocuteur entend une exigence, il ne voit que deux possibilités, la soumission ou la révolte.
Après avoir pris le risque d'exprimer nos sentiments et nos besoins, nous voulons souvent savoir ce que notre interlocuteur ressent, ce qu'il pense ou s'il est disposé à entreprendre une action spécifique.
Notre seule intention est de célébrer la façon dont notre vie a été enrichie par les autres.
22 mars 2010
Les mots sont des fenêtres...
La CNV peut être résumée par la démarche suivante :
1/ J'observe un comportement concret qui affecte mon bien-être
2/ Je réagis à ce comportement par un sentiment
3/ Je cerne les désirs, besoins ou valeurs qui ont éveillé ce sentiment
4/ Je demande à l'autre des actions concrètes qui contribuent à mon bien-être
Il s'agit d'exprimer notre sincérité et d'écouter avec empathie, en utilisant les 4 composantes : observations, sentiments, besoins et demandes.
Selon J.Krishnamurti, observer sans évaluer est la plus haute forme de l'intelligence humaine. Pour moi, on touche ici à une sagesse proche de la Sémantique Générale - de quoi me faire à nouveau rêver à une utopie non-A...

Encore faut-il trouver en soi, face à telle personne particulière, les ressources de bienveillance nécessaire, l'envie de passer outre, de reconnaître en l'autre son frère en humanité, même s'il nous terrifie, même si l'on voudrait surtout le mettre à distance pour en être protégé. Encore faut-il pouvoir prendre le temps d'un vrai dialogue, un temps que la course du quotidien rend évasif et prompt à nous manquer. Il faudrait gagner petit à petit sur le temps consacré à faire les choses sans entièrement les choisir, sans vraiment y penser, pour donner ce temps au travail de l'écoute, de la meilleure connaissance de soi et des autres, vers une diminution du malheur du monde.
Comment voir en toi un frère si je n'ai qu'un instant pour t'apercevoir, te croiser dans la foule qui déjà m'oppresse et me broie ?
(à suivre)
21 mars 2010
Point d'étape
J'ai l'impression d'avoir beaucoup trop parlé de moi pendant ces dix jours, à trop de gens et dans les mêmes termes, pour dresser le même état des lieux, poser une situation concrète certes mais... à quoi bon ? J'aurais peut-être eu davantage le sentiment d'avancer si au lieu de parler j'avais interrogé à mon tour tous ces gens qui avaient l'air de s'avancer vers moi avec des points d'interrogation ; j'aurais plus appris si j'avais cherché à connaître quelles étaient au juste les réponses qu'eux apportaient, pour eux-mêmes, aux questions auxquelles je tente de répondre avec maladresse.Comment apprend-on à se taire et écouter, tout en donnant encore de soi ?
11 mars 2010
Joies du jeudi #31
* Boire du Vermouth de Santorin. Manger un bon gros baba au rhum, avec plein de rhum. Et des endives au jambon aussi, avant. Faire une tarte à la pistache.
* Découvrir Linda Perhacs et Walter Wegemüller. Commencer la journée avec Tom Verlaine, la finir avec Harold Budd ; fredonner avec Suzanne Vega.
* Recevoir un tableau magique et un dessin-talisman chasseur de tristesse.* Nager. Chanter du K's Choice. Lire un petit roman suédois très agréablement troussé.
* Voir les photos de Catherine Deudon à la mairie du 9ème ; boire du jus de mangue avec la chargée de mission culturelle de l'arrondissement.
9 mars 2010
Missive
Mais voilà que je trouve dans ma messagerie ces mots de mon correspondant tourangeau (et néanmoins peintre), mots qui m'ont causé un tel plaisir que je ne résiste pas à celui de les partager :
Tu peux devenir une figure d'amour puissant, ne te laisse ni détruire, ni avoir, réponds aux besoins de ta vitalité profonde, tu serais une Perséphone qui ne se ferait pas enlever, retrouve de ta superbe malgré le deuil, car tu es superbe. Envole toi et danse. Avec le temps, rien ne s'évanouit, mais on s'habitue à ces traces incompressibles. Laisse donc les cons de coté, surveille toi, fais attention de ne pas te laisser aller, garde ta ligne, car tu en as la force, ne doute plus de toi, je te dis tout ça parce que je t'aime, vu que t'es mon auteur, non, je t'adore et c'est mieux ainsi, car on pourrait inventer un autel ou nul ne paierai de sa vie, mais gagnerait de sa santé.
Franchement, après ça, est-ce que je peux encore me permettre de mal dormir ?
6 mars 2010
Notes du carnet de soie

"Seule compte, seule est efficace la vérité que nous découvrons nous-mêmes."

Si ma vie devait être un film, il faudrait que le réalisateur accorde une attention spéciale à ces frémissements qui vont déterminer les séquences suivantes en me faisant m'affilier à telle ou telle (mais non n'importe quelle) église ; toujours des fins de règne ou de cycle, moments de recomposition où l'avenir se fomente.
2 mars 2010
Exercice de pensée positive
je suis épuisée
mais
je comprends combien le sommeil est précieux
pas
tu m'oublies
mais
tu me laisses le temps de m'occuper de moi
pas
je vis dans un grand sentiment d'insécurité
mais
tant de choses sont possibles
pas
j'ai le cœur broyé par la mélancolie
mais
j'ai retrouvé le besoin d'écrire et une forme d'hypersensibilité à la musique
pas
tu me manques
mais
il y a des gens qui sont là pour moi et avec qui je me sens bien
pas
je suis déçue
mais
c'est le moment idéal pour avancer

pas
je vieillis
mais
je connais de plus en plus de chansons
pas
tout le monde s'en fout
mais
créer transmue toute perte en un acte d'amour que recueille celui qui passe
Echevelée
28 février 2010
The day after
27 février 2010
Traverse
26 février 2010
Joies du jeudi #30
* Entendre la langue shakespearienne au théâtre des Gémeaux.
Creeps in this petty pace from day to day
To the last syllable of recorded time,
And all our yesterdays have lighted fools
The way to dusty death. Out, out, brief candle!
Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more: it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.
(The Tragedy of Macbeth, sc.V)
* Barboter dans la piscine Georges Drigny ; partager le pain de l'amitié, l'enthousiasme, la beauté des corps. Marcher face au soleil.
* Écouter Weasels ripped my flesh de Frank Zappa, Desperate Straights de Henry Cow & Slapp Happy, et de riches choses de Fred Frith. Chantonner la même chanson des Yardbirds en boucle. Danser sur Iggy Pop à la Féline.
* Avancer de la décision vers l'action.
24 février 2010
23 février 2010
Armistice

Parfois il ne faut tout simplement pas insister.
Quelle que puisse notre envie de faire bonne figure, d'être plein d'allant, de désir, de motivation, d'esprit festif, de courage... accepter de se trouver vaincu, le temps d'une soirée ou d'une semaine ou d'un an.
Courber l'échine, poser ses armes, et simplement attendre que passent la peine, la grippe, la fatigue ou l'écœurement.



