10 juin 2013
La catastrophe et le sens
10 mai 2013
Tout est dit
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| photo Maggie Lochtenberg |
3 mars 2013
Yang Sheng : nourrir sa vie
"La seule préoccupation que nous ayons à garder à l'esprit, nous qui voulons nous libérer de toutes, nous dit en somme Zhuangzi, pour laisser épanouir en nous la vie, est de défaire les fixations qui pourraient s'y manifester."
" En Chine, le mal vient seulement du fait que la polarité à l’œuvre ne joue plus, que les grands échanges dynamiques ne se font plus, et finalement que cela ne "passe" plus."
Le sage chinois dit : "J'ai entendu mon maître dire : être apte à nourrir sa vie, c'est comme faire paître des moutons: si l'on en voit qui traînent à l'arrière, on les fouette." (Zhuangzi)
Il ne s'agit pas tant de progresser vers un idéal que de "maintenir toutes ses ressources vitales en développement", ne rester accroché à aucune qualité, se maintenir évolutif et alerte.
22 novembre 2012
Information de l'être sans forme
"La consommation des nouvelles et des commentaires dans les journaux quotidiens ou hebdomadaires, à la radio ou à la télévision, représente une super-production de pensées et d'émotions inutiles. Sans formation, sans préparation, sans étude approfondie, tout le monde a son idée sur tout, en économie, en politique, en diplomatie. Mais personne ne se connaît lui-même, personne ne mesure à quel point il ne se connaît pas lui-même. Chacun chérit ses opinions sur des questions dont il ignore les tenants et les aboutissants et a son idée sur la façon dont il faudrait mettre de l'ordre dans le monde, alors qu'il ne sait absolument pas comment il pourrait mettre de l'ordre en lui-même. La sacro-sainte Information est une immense duperie."Arnaud Desjardins, Monde moderne et sagesse ancienne (1990)
9 janvier 2012
Le oui et le non
"Si on ne peut pas dire non, on ne peut pas dire oui."
4 janvier 2012
Un ordre de mission
F. Nietzsche
Section 276
The Gay Science
1 janvier 2012
La vie du corps
(...) Si l'on ne respire pas profondément, on diminue la vie de son corps. Si l'on ne ressent pas totalement, on rétrécit la vie de son corps. Si l'on bride l'expression de soi, on limite la vie de son corps.
Il est vrai qu'on ne s'impose pas volontairement ces restrictions vitales. Elles s'élaborent en tant que moyens de survie dans un environnement familial et une culture qui renient les valeurs physiques au profit du pouvoir, du prestige et des possessions. Néanmoins, on accepte cette limitation de la vie parce qu'on ne la remet pas en question et, ce faisant, on trahit son corps. Il est également vrai que la plupart des gens restent inconscients des handicaps physiques sous lesquels ils peinent – handicaps qui leur sont devenus une seconde nature, une part de leur façon d'être dans le monde. Ils traversent en effet l'existence avec un budget limité d'énergie et de sensations.
Le but de la bioénergie consiste à aider l'individu à retrouver sa nature première, qui est une condition de liberté, un état de grâce, et possède un caractère de beauté. La liberté, la grâce et la beauté sont les attributs naturels de tout organisme animal. La liberté est l'absence de restrictions intérieures à la circulation des sensations, la grâce est l'expression en mouvement de ces courants, la beauté est la manifestation de l'harmonie intérieure qu'ils engendre. Elles dénotent un corps sain et donc un esprit également sain.
La nature première de tout être humain consiste à s'ouvrir à la vie et à l'amour. Dans notre culture, être sur nos gardes, cuirassé, méfiant et renfermé est une seconde nature. Ce sont les moyens qu'on adopte pour se protéger de la souffrance, mais lorsque ces attitudes deviennent caractérologiques ou se structurent dans la personnalité, elles constituent une blessure plus grave et créent une infirmité plus importante que celle dont on souffrait à l'origine. "
9 novembre 2011
Whatever
Quoi qu'il arrive, ce sera bien.
Il n'y a pas de mauvaises herbes.
7 novembre 2011
Ce dont on ne peut parler, il faut le taire
"A partir du moment où on essaye d'analyser ou d'expliquer une chose,
on perd l'essence même de la chose.
Et la vie elle-même est au-delà de toute définition,
il suffit simplement de l'éprouver et de la vivre."
11 septembre 2011
Croître et embellir
1 août 2011
Leur coeur était ouvert aux pluies
"La sainteté n'est rien de ce qu'on imagine. J'ai rencontré aujourd'hui une troupe de primevères bavardant à l'air libre et faisant de leurs bavardages une prière qui montait droit au ciel. Leur cœur était ouvert aux pluies, aux sécheresses et même à l'arrachement. Ne pas choisir dans ce qui vient était leur manière impeccable d'être saintes. (...)
La vie s'attriste de ne pouvoir nous atteindre que rarement."
"Ce n'est pas sa beauté, sa force et son esprit que j'aime chez une personne, mais l'intelligence du lien qu'elle a su nouer avec la vie."
"Le diable sans aucun doute aime ce qui est fluide, rapide et lisse. Il raffole de l'électronique et de ce qui peut nous rendre la vie plus facile jusqu'à nous faire oublier de la vivre. S'il y a un enfer, et il y en a un, et nous y sommes, il nous y aura menés gentiment, par légères poussées, sans aucun drame. Escamoter le réel, c'est son charme. (...) L'argent permet à ceux qui le possèdent d'ignorer la rudesse de la matière, et le diable, on ne le sait pas assez, déteste la matière autant qu'il déteste Dieu : l'angélisme est sa vraie nature."
- Christian Bobin, Ressusciter
20 juillet 2011
Je n'ai pas peur de la route
- Dr Alexander Lowen -
"Avance sur ta route, car elle n'existe que par ta marche."
- Saint Augustin -
1 mars 2011
Paroles du vagabond enchanté

" Souvent les voyageurs justifient leur départ par leur soif de rencontres, Découvrir l'Autre, s'y frotter, le comprendre, l'écouter et l'aimer : motifs des voyages modernes. Serait-ce qu'à la maison, il n'y a personne digne de soi ? Serait-ce que l'exotisme confère à l'étranger une valeur suprême ? Y aurait-il un rapport entre la profondeur des gens et leur éloignement ? Un voyage en des terres désolées, vides de tout être, n'aurait-il pas d'intérêt ?
Je trouve plus honnête d'avouer que je voyage en vagabond enchanté pour le seul bénéfice de mon âme et la pure jouissance de mon corps. Que me frotter à la beauté du monde est mon unique raison de lever les ancres. Que je suis capable de laisser l'Autre tranquille pendant des semaines si je me sens l'humeur solitaire. "Partir pour rencontrer", entend-on ici et là comme si rencontrer l'autre était équivalent à visiter les temples ou goûter la cuisine locale. La rencontre est un bonheur fugace, rare, avare de lui-même. Elle survient sur la route. Surtout ne pas aller vers elle ! Si elle se décide à venir, alors elle illuminera votre ciel intérieur sans qu'il n'y ait rien à faire. Comme avec les chats.
(...)
Sous la plume de Knut Hamsun, le vagabond cheminant dans la lumière du nord tient "compte de chaque caillou, chaque brin d'herbe, et eux, à leur tour, semblent tenir compte de moi. Nous sommes de vieilles connaissances". Il y a dans la capacité d'émerveillement l'un des secrets de l'énergie vitale. Quelques rares êtres réussissent à se maintenir en perpétuel état de reconnaissance devant le cours des choses, à "tenir [leur] âme en haleine" selon Montaigne. Non pas qu'ils aient affûté leurs yeux à mieux regarder le monde ou qu'ils possèdent une prédisposition au métier de spectateur mais parce qu'ils éprouvent en eux l'unité du vivant. Ils se sentent intégrés à la valse solaire. Ils se savent dépendre de l'astre autant que le chêne et le lombric. Ils développent corps et âme une capacité extrême de réception des signaux du monde extérieur – de ses parfums, de ses couleurs et de ses formes. Ce n'est pas tellement que leurs yeux se tiennent grands ouverts. C'est plutôt qu'ils deviennent eux-mêmes œil ouvert. Ils regardent de toute leur âme, écoutent de tous leurs yeux, reçoivent de toute leur chair. Le monde leur saute au regard comme un enfant heureux vous sauterait au cou. Ils brûlent de l'inépuisable appétit de toujours découvrir quelque chose de nouveau. "
- Sylvain Tesson, Éloge de l'énergie vagabonde
21 février 2011
Et tout le reste est labeur serf
18 février 2011
Über den Horizont
Tous les chemins ne sont pourtant pas difficiles pour tout le monde. Celui qu'on a parcouru avec des semelles légères va être pour d'autres une côte terrible.
La différence entre les personnes résident dans les barrières que chacun s'installe. Napoléon ou Alexandre ont toujours cru qu'ils deviendraient les maîtres du monde. Ils n'en ont jamais douté une seconde.
Avant de conquérir l'univers, il peut déjà être utile de réaliser les choses qu'on a faites, celles qui mettent des étoiles dans les yeux des ados et qui sont pourtant notre quotidien. Le reste devient beaucoup plus accessible, il suffit simplement d'y croire.
15 février 2011
Vent debout

" N'acceptez pas que l'on fixe, ni qui vous êtes, ni qui vous restez. Ma couche est à l'air libre. Je choisis mon vin, mes lèvres sont ma vigne. Soyez complice du crime de vivre et fuyez ! Sans rien fuir, avec vos armes de jet et la main large, prête à s'unir, sobre à punir. Mêlez-vous à qui ne vous regarde, car lointaine est parfois la couleur qui fera votre blason.
Le cosmos est mon campement."
- Alain Damasio, La Horde du Contrevent
14 février 2011
Non-axiomes d'Alfred E.Van Vogt

- La sémantique générale permet à l'individu de s'adapter à la vie de la façon suivante :
- Il peut logiquement anticiper l'avenir ;
- Il peut réaliser en fonction de ses capacités ;
- Son comportement est ajusté à son milieu.
- Les enfants, les adultes sans maturité et les animaux "identifient". Chaque fois qu'une personne réagit à une situation nouvelle comme s'il s'agissait d'une situation ancienne et invariable, on dit que lui ou elle "identifie". Un tel comportement est aristotélicien.
- Dans l'intérêt de la raison, utilisez la formule ET CÆTERA. Quand vous dites : "Marie est une bonne fille !" ne perdez pas de vue que Marie est bien autre chose que "bonne". Marie est "bonne", gentille, charmante, et cætera, ce qui signifie qu'elle possède encore d'autres caractéristiques. Il vaut la peine de rappeler également que la psychiatrie moderne ne considère pas que l'individu tranquillement "bon" ait une personnalité très saine.
8 février 2011
La vérité dans un pot de miel
- A.A. Milne

Truth is an immeasurable reality not at all separate from your own being. For in the revelation of truth, all beings rest within your being. Put more simply, if you cannot find it now underfoot, I’m afraid that you have missed it entirely.”
- Adyashanti
3 février 2011
La dérive et la butée

Difficile de faire quotidiennement le choix conscient du bonheur en se gardant d'un délire de contrôle et de mainmise. Difficile de se laisser un peu la paix, sans lâcher sur l'ambition existentielle, et le refus de laisser "les autres", la société, ses névroses ou simplement l'inertie décider pour soi et tracer la forme de sa vie.
Dans un très intéressant billet, Steve Pavlina engage le lecteur à s'interroger sur ce à quoi il choisit d'accorder son intention. L'idée est bien de redonner à chacun le libre choix de sa dynamique mentale et de ses plis quotidiens, mais ce faisant Pavlina impose malgré tout ses valeurs et sa conception d'une vie réussie (de l'argent et un corps sportif, à tout le moins).
Il propose à l'internaute un exercice intéressant : dans une liste de choses et sujets, noter ceux qui ne méritent pas son attention, ceux qui méritent une certaine attention, et ceux qui méritent pleinement son attention. Puis lister les choses auxquelles, de fait, il emploie son attention au cours d'une journée, et déterminer si elles en valent la peine ou non.
Cet exercice m'a troublée car je me suis aperçue que sur les 117 thèmes hétéroclites qu'il avait listés, les deux tiers me semblaient dignes d'intérêt, et presque la moitié mériter ma pleine attention. Si l'on considère que je ne me suis pas amusée à lister en sus tous les autres sujets qui me paraissaient mériter mon attention (liste potentiellement infinie), on comprendra aisément que pour peu que l'on soit un minimum curieux du monde, des autres et de soi, prioriser ses centres d'intérêt est un casse-tête.
Quelques extraits :
"Simply do the best you can in each moment, and you can continue to upgrade your choices as you go along. Keep pushing yourself to drop low-value activities, and replace them with higher value ones. "
"If you still insist on using the “I don’t know what to do” excuse, then drop to the floor and do push-ups until you think of something that’s a better use of your time than doing push-ups. I suspect your brain will come up with a few ideas very shortly."
"Very often when you reduce the time wasters by dropping low-value relationships and activities from your life, your understanding about what really matters to you will skyrocket. Time wasters will invariably fog your vision. Get rid of them as quickly as you can, and clarity will return. You will not miss the time wasters, even if you feel you’re addicted to them now."
31 janvier 2011
Pour rassurer...
méthode, rigueur, précision, abstraction, analyse, expérience de l'incertain, perception des complexités, intégration du temps, sentiment de la qualité, exigence de la langue, attention aux discours, distance réflexive, dédoublement de l'interprétation, goût des synthèses, contenus culturels, connaissance des hommes.


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