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3 juin 2013

Notes éparses

La souffrance ne doit pas rester, ne doit pas être inscrite au risque de trouver à sédimenter en soi.
Qui inscrit la souffrance la choisit ; maintenant je ne note plus que mes interrogations, la gratitude ou l'élan.

Je pense aux mots de Missak Manouchian tels qu'Aragon les a repris :
" Je meurs sans haine en moi  pour le peuple allemand "

On est plus libre et plus fort quand on se déprend des conflits dont la substance loge dans la coque du passé.
De la force du présent vient le raz-de-marée qui inondera tous les doutes.

Me voilà présence et écoute. Le ciel s'ouvre pour laisser passer les pluies d'été.
Mistral.

C'est ce qui se passe à la surface du soleil.

14 avril 2012

A mi-chemin...de l'artiste


J'ai du mal à croire que j'en suis déjà à la semaine 6 du programme de Julia Cameron. Je vais néanmoins mon petit bonhomme de chemin, c'est le cas de le dire… Je continue à tricher un peu et à ne pas suivre les directives à la lettre, mais le peu que je fais me met déjà dans un excellent état d'esprit, et je sais que si j'ai dix minutes de trajet à tuer, j'ai toujours de petits exercices sous le coude pour m'occuper à bon escient.


* Je me suis bien reprise en main pour les 3 pages du matin. Les vacances étaient bien pratiques pour les faire le matin tranquillement, d'autant plus que mon compagnon était un excellent soutien ; maintenant que j'ai repris le collier, les pages sont pour moi l'occasion de faire une pause dans la matinée.


* Je n'ai pas suivi la semaine de "privation de lecture" ordonnée par Julia, parce que c'est en contradiction avec un de mes objectifs personnels depuis deux ans : non pas arrêter de fuir dans la lecture, mais au contraire me remettre à lire régulièrement et si possible quotidiennement. J'essaierai peut-être à l'occasion de passer une semaine sans rien lire du tout (même pas en ligne), mais j'aimerais d'abord redevenir une vraie lectrice.


Il n'y a pas d'âge pour faire joujou




 * Côté "Artist date", je suis un peu dans les choux. Est-ce que partir en vacances, ça compte ? J'ai beaucoup joué, me suis beaucoup nourrie de ce que je découvrais (et beaucoup nourrie tout court d'ailleurs), mais je n'ai pas vraiment réservé de temps pour faire quelque chose toute seule. Je dois d'ailleurs (cela fait partie des exercices de la semaine 4) me planifier une journée entière d'"artist date". C'est encore en réflexion. Cette semaine, j'ai pris le temps (et beaucoup de plaisir) à fabriquer des paquets cadeaux avec des images de presse.


* Synchronicités et belles choses ponctuent toujours mon quotidien. Magie !

29 mars 2012

Le chemin de l'artiste...semaine 4 ? vraiment ?


La discipline... Faire des gammes, des longueurs, du petit latin, la vaisselle après avoir mangé, des abdos - tout cela m'a toujours paru extrêmement difficile. M'astreindre à faire une même chose quotidiennement ou même régulièrement, j'ai beau savoir aujourd'hui (je dis bien savoir et pas seulement croire) que c'est la voie de tout progrès, je n'y suis vraiment arrivée que pendant quelques mois, lorsque j'avais commencé à vider mes vieux carnets sur Tumblr, et je bénéficiais là d'une double facilité : c'était quelque chose qui me plaisait, avec une gratification immédiate (un billet publié = un résultat concret), et je rendais des comptes à Marc, qui est un vrai coach et un vrai ami.
J'ai su tout de suite, lorsque je me suis lancée dans la lecture (censément) active de The Artist's way que n'en parler à presque personne et suivre le truc dans mon coin me rendrait d'autant plus ardue la discipline quotidienne devant accompagner le programme.

Prends soin du Mogwai qui est en toi

 Où en suis-je aujourd'hui, théoriquement au milieu de la 4ème semaine ?
  • J'ai écrit mes 3 pages du matin avec de plus en plus de régularité sur toute la semaine 2 et  le début de la semaine 3. Pas toujours le matin, pas toujours 3 pages complètes. Si quelque chose m’interrompt, je donne la priorité à l'interruption. Une page de plus ou de moins me dis-je, ça ne change pas grand-chose. Et là, je me rends compte que je n'ai pas poursuivi l'exercice depuis samedi dernier, soit depuis le début de mes vacances. Je ne m'en étais même pas aperçue. J'aurais pourtant largement pu utiliser des trajets de train ou de métro pour m'y atteler (je n'ai pas envie de le faire au réveil, à moins que l'on me démontre que c'est vraiment le moment idéal), mais j'ai tout bonnement oublié. Pourtant, la conscience du "chemin" de Julia n'a jamais cessé de m'accompagner. J'ai le sentiment de rester dessus. C'est un état d'esprit avant tout, isn't it ?
  • D'ailleurs, je profite avec allégresse d'un retour en force de belles synchronicités dans mon quotidien. J'ai même fait un rêve prémonitoire (sur un thème artistique qui plus est). La vie m'a apporté sur un plateau l'exercice parfait pour me remettre à écrire de la poésie. Du coup je profite et ne m'inquiète pas trop de gâcher le parcours avec mon laxisme de cancre.
  • Mon "artist date" de la semaine 3 : flâner deux heures dans le quartier des Batignolles en profitant du calme ensoleillé de ce printemps mirifique. Manger une grosse crêpe sur un banc. Lire le nom des fleurs.
  • Mon "artist date" de la semaine 4 : lire dans le train pour le Havre le premier volume des Brèves de comptoir, qui m'ont réjoui le cœur. La préface est superbe, et il y a dans la démarche, dans ces petits éclats pris au réel quelque chose qui me touche profondément. Rendre au monde sa beauté. Lui dire : j'ai remarqué. C'est pour cela que aussi que j'aime tant la photo et les croquis sur le vif.
  • Concernant les divers exercices proposés par Julia, ce n'est pas vraiment brillant. J'en ai fait quelques uns par écrit mais pour la plupart, je me suis contentée d'y réfléchir (pour ne pas dire d'y rêvasser). J'ai toujours de plus ou moins brillantes raisons de ne pas les faire strictement : soit je les ai déjà faits par le passé ou ce sont des réflexions que je mène déjà naturellement au quotidien depuis quelque temps (typiquement, sur les gens desquels il est bon de s'entourer ou pas), soit je ne me sens pas vraiment concernée. Bref, heureusement que le bouquin est à moi, je me réserve la possibilité de retourner y jeter un œil plus tard, qui sait.
  • Nous sommes déjà jeudi et je n'ai même pas lu le chapitre sur la semaine 4 ! Là aussi j'ai une excuse : je suis en vacances et ça brouille ma perception du temps. En plus je suis déjà débordée et je pars demain en voyage. M'enfin. Bon, je le lirai tout à l'heure.
la vie imite la mode bien plus que la mode n'imite la vie

22 mars 2012

Extension du domaine de la vie

Lu aujourd'hui sur le savoureux blog Absofruitly :

"J’aime bien me rendre compte que mes goûts évoluent, j’ai la sensation d’avancer dans la vie. J’ai ainsi découvert qu’après des années de haine farouche, j’adore à présent le gingembre servi avec les makis. Alors que quand on regarde le truc objectivement c’est piquant et rose, et ça a un arrière goût de savon. Je me sens supérieure à ceux qui n’aiment toujours pas : j’ai l’impression d’avoir compris un truc hyper complexe."

Le premier gif animé de ce blog. On va mettre ça sur le compte du retour à la mode des années 90.


Un jour, j'aimerai la Guinness et peut-être même les ris de veau. Je pourrai écouter du Mahler ou lire du Claude Simon.

14 mars 2012

Le chemin de l'artiste, pourquoi pas ?

J’ai sauté le pas. Un an après que Caroline m’en a parlé, après que Laetitia a partagé cette expérience étonnante sur son blog et m’a encouragée à m’y engager à m’en tour, j’ai commandé le best-seller de Julia Cameron, The Artist’s way, pour suivre avec beaucoup de curiosité et d’esprit ludique son programme de remise en jeu de la créativité. Contrairement aux personnes qui s’inscrivent aux stages de Julia, je n’ai pas entamé la lecture du livre à un moment où je me sentais bloquée artistiquement, mais presque, à l’inverse, au moment où mon spectacle Je Vous écris d’un pays lointain (sans doute le travail le plus personnel que j’aie eu la chance de faire au cours de mes aventures théâtrales) était porté à la scène – autant dire : à un moment d’épanouissement créatif total. Mais peut-être appréhendais-je justement la redescende, le moment de creux après la bonne tempête ; ou avais-je été mise en appétit de création par les derniers préparatifs. Et pour être honnête, j'ai très peu écrit de poésie ces trois dernières années, presque pas dessiné, et beaucoup rêvé devant la créativité des autres.
Robert Crumb et sa muse

Toujours est-il que me voilà aujourd’hui au milieu de la deuxième semaine d’un parcours en douze étapes (vous trouverez le détail ici), et que ressens d’une part un élan très fort, presque inédit vers la part artistique de ma vie (le simple fait d’acheter ce livre était déjà une façon de reconnaître que oui, créer est bel et bien ce qu’il y a de plus important pour moi, ma raison d’être oserais-je avouer) – et d’autre part, une grande paresse face aux nombreux exercices demandés par Mrs Cameron.

Par rapport à d'autres lecteurs que je connais, je suis probablement mois agacée par le discours assez mystique de Julia (parce que je suis moi-même portée par un certain mysticisme, et parce que je suis habituée à lire des blogs américains un peu perchés). En revanche il y beaucoup de pages superflues me semble-t-il, beaucoup de texte écrit pour faire du volume (peut-être son éditeur la payait-il au nombre de signes?). Et étant curieuse de coaching et de développement personnel depuis déjà plusieurs années (le temps passe vite ! il n’y a qu’à consulter les archives de ce blog pour en prendre conscience), je me retrouve en terrain familier avec un certain nombre de ses propositions. ...D’excellentes mauvaises raisons pour me montrer paresseuse me direz-vous, et parcourir le livre en traitant la plupart des tâches proposées par-dessus la jambe.
D’où l’idée de venir en parler ici, comme les autres l’ont fait avant moi.


Où en suis-je donc ?
-          Un des outils essentiels proposés par Julia Cameron, le plus important semble-t-il, est les « morning pages » : 3 pages d’écriture automatique à faire quotidiennement au saut du lit, pour vider sa tête trop pleine des préoccupations qui l’encombrent et pouvoir la remplir avec autre chose. Ce qui est sûr : j’ai noirci 3 pages de carnet tous les jours ou presque, mais jamais au saut du lit. J’ai des choses beaucoup plus importantes à faire à ce moment-là. ¾ d’heure plus tard, je ne dis pas.
-          Autre outil, beaucoup plus réjouissant je trouve : l’ « artist date », un rendez-vous avec son artiste intérieur, qui est un grand gosse, et apprécie donc qu’on lui propose des activités futiles ou inédites. La semaine dernière, je me suis longuement promenée dans le cimetière de Chantilly (réflexions subséquentes à venir sur cet autre blog auquel je participe). Et aujourd’hui, j’ai regardé la couleur des sacs à main au rez-de-chaussée des grands magasins du boulevard Haussmann, pour voir si le fluo était vraiment au top de la mode. Je me suis acheté une paire de lunettes de soleil bon marché et très drôles (pour moi les montres et les lunettes de soleil doivent être bon marché et drôles). J'ai rêvé de composition florales chez Trousselier.
-          Je n’ai pas du tout fait la majorité des tâches de la semaine 1, lesquelles tournaient essentiellement autour du fait de combattre les démons qui dans notre enfance avaient bridé notre créativité. En revanche, y réfléchir m’a permis de me rendre compte que j’étais extrêmement bien entourée depuis longtemps, et que mes proches étaient pour beaucoup dans l’importance que j’accordais à l’art et à la créativité en général. En revanche, l’amateurisme éclairé étant quelque chose de très ancré dans mon histoire familiale, pourrais-je assumer de ne faire « que » créer ? Au final, cette première semaine a été essentiellement consacrée à exprimer ma gratitude. Je pense que je vais continuer.
-          Un exercice amusant : lister des vies que je voudrais vivre. Et essayer de les vivre, par petits bouts, à l’intérieur de cette vie-ci. Les circonstances des représentations de théâtre étaient très favorables pour moi, j’ai pu chanter, danser, monter sur scène… et après avoir accompagné une amie essayer des robes de mariée, avoir moi-même essayé d’en dessiner une, chose que je n’avais pas faite depuis très longtemps (« styliste » faisait partie de mes vies rêvées étant enfant). Il m’en reste 2 à vivre cette semaine, je ne sais pas encore quoi choisir.

illustration du génial MyDeadPony

A suivre !

4 janvier 2012

Un ordre de mission

Dans le même ordre d'idée que les intentions de Tara Mohr, je me suis attelée aujourd'hui à la rédaction de mon ordre de mission, et  ma première satisfaction fut de constater que j'avais malgré tout une idée assez claire de mon horizon, même si la façon concrète et quotidienne de faire un pas puis l'autre pour l'approcher n'est pas toujours bien définie.

"I want to learn more and more to see as beautiful what is necessary in things; then I shall be one of those who make things beautiful. Amor fati: let that be my love henceforth! I do not want to wage war against what is ugly. I do not want to accuse; I do not even want to accuse those who accuse. Looking away shall be my only negation. And all in all and on the whole: some day I wish to be only a Yes-sayer."
 
F. Nietzsche
Section 276
The Gay Science

3 janvier 2012

Intentions

J'ai eu beaucoup plus de mal à mettre au point une liste de résolutions cette année que les années passées. Peut-être justement parce que la nécessité d'évoluer, d'aller à la rencontre de moi-même et d'une vie intense et vraie se fait de plus en plus pressante, maintenant que la vie d'adulte est vraiment là, et qu' "on n'est plus là pour rigoler" (quoique.. peut-être que si justement !). Peut-être aussi parce que certaines choses nécessaires l'étaient déjà auparavant, et que les reconduire reste une priorité (je pense à la volonté de simplifier ma vie notamment, mais aussi à l'importance de faire une place à la spiritualité et au corps). Peut-être aussi parce qu'à mes vœux intimes se sur-impriment des choses bien concrètes qu'il faut régler (rendre mon appartement habitable par exemple). Peut-être aussi parce que si du point de vue des valeurs je sais de mieux en mieux vers quoi je veux avancer, je ne parviens toujours pas à visualiser à quoi devrait ressembler mon quotidien pour que je sois au sommet de moi-même et de mon adhérence au monde.

" Sometimes our intentions for the new year turn into just that: a kind of macro to-do list, with all the big projects we aim to get done. There’s nothing wrong with that. It’s just limited. There is a lot more to discover and craft about the year ahead than the list of projects our conscious minds would like to get done. There are messages from the heart. There are whispers from the soul. There are new colors to live in and there is new inner music to walk with. How do we get at those things? "


Les murmures de l'âme…
Ma raison a appris à formuler ses intentions ; elle me parle d'organisation, de santé, de progression. Et l'âme de sa voix flûtée murmure le refrain du berger ou le poème de la steppe. Elle me demande quand je quitterai enfin le stade bourgeois pour revenir au stade esthétique, ou aborder le stade religieux. Elle réclame de l'intensité, l'aventure, les pas libres sur des chemins inédits, le feu blanc de la poésie. Elle m'appelle à mettre en mouvement mes quatre pattes, et pas seulement pour une petite promenade de santé.

Pour revenir à Tara Sophia Mohr, elle propose un petit exercice intéressant pour l'année nouvelle.

Je vous laisse jouer avec voici le résultat de mon côté :

1. Parce que j'ai voulu que 2012 soit une année qui compte, j'ai enfin trouvé ma voie professionnelle cette année-là.

2. Parce que la peur de l'échec ne suffisait plus à me retenir de ne pas le faire, en 2012 j'ai pris un boulot qui me permettait d'exprimer toute ma créativité.

3. Parce que j'ai écouté les murmures à l'intérieur, en 2012 je suis partie à l'aventure sans filet.

4. Parce que les choses qui me réjouissaient enfant me réjouissent encore, en 2012 j'ai beaucoup marché dans la nature.

5. Parce que les plaisirs simples sont si riches, en 2012 j'ai passé beaucoup de temps tout calme avec des amis chers.

6. Parce que mon corps m'a servie si fidèlement et esthétiquement toutes ces années, en 2012 j'ai pris soin de lui et lui ai donné la parole.

7. Parce que le monde a besoin de moi, en 2012 je suis allée à sa rencontre.

8. Grâce aux personnes merveilleuses qui m'ont aimée et ont fait de moi ce que je suis, en 2012 j'ai fait en sorte de ne fréquenter que des gens qui me faisaient du bien.

9. Parce que je veux croire à la force du pardon, en 2012 j'ai décidé de lâcher prise à toute culpabilité et de me faire entièrement confiance.

10. Parce que le silence à fait son temps, en 2012 j'ai décidé de faire entendre ma voix sincèrement et sans violence.

11. Parce que je suis vernie, en 2012 j'ai fait toutes les bonnes rencontres aux bons moments.

12. Parce que je voulais jusqu'aux derniers jours de ma vie me souvenir de cette année avec des larmes de gratitude, j'ai fait en sorte de faire de chaque jour une fête, une manifestation magique, et une lettre d'amour à l'univers.

31 décembre 2011

Souvent vie varie, bien fol qui s'y fie

"Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents, il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient."
-Gustave Flaubert, Madame Bovary *




Je viens de changer d'âge, nous sommes sur le point de changer d'année et je suis en train de changer d'appartement. J'entre dans ma dernière année avant la trentaine, 2012 a un fumet de fin du monde et j'ai peur de dormir chez moi.

Autour de moi, beaucoup de gens vivent des changements aussi, certains dans la souplesse et l'émerveillement, d'autres sans s'y faire. Ma belle-sœur se love dans les charmes de la rive gauche, là où ma camarade de blog, donc la situation est matériellement plus instable, se cogne à tout ce que Paris peut avoir de cruel. Certains à bientôt trente ans font de grands pas sur la voie. D'autres font des choix courageux et ont le sentiment de ne pas avancer assez vite. D'autres avancent, reculent. D'autres préparent leur quatrième enfant. D'autres ont si peu changé.

Et moi…
Petite branche frêle dans le vent, qui ne sait pas si l'aide des autres la renforce ou l'amoindrit, qui ne sait pas s'il faut se laisser emporter par la bourrasque ou continuer à pousser, et comment, pourquoi.

Âme mal nourrie par la matérialité quotidienne, corps tourmenté par les questions, intelligence qui rouille.


 
* Merci à Alice pour cet extrait

10 novembre 2011

Out of Neverland


" Tous les enfants, sauf un, grandissent. "
- JM Barrie

Enfant, j'ai beaucoup lu ; j'ai pris l'habitude d'étendre ma vie présente par toutes ces vies parallèles qui m'étaient données dans les romans. A travers ces personnages de papier, j'étais adulte déjà. Entre mon existence concrète et quotidienne et toutes les vies additionnelles offertes par la littérature ou le cinéma, les niveaux de réalité étaient brouillés. 

 
Quelque chose m'est resté de cette époque sans doute : la croyance confuse que la vie d'adulte reste à venir, ou qu'elle s'attrape dans les livres. Je travaille de toutes mes forces à accepter l'idée que le moment est venu de prendre ma vie à bras-le-corps, et qu'aucun narrateur ne sera là pour l'écrire, aucun, sinon moi.

Je pense à ce film curieux et très drôle, Des nouvelles du Bon Dieu, où des égarés aux noms de héros littéraires cherchent à rencontrer leur auteur, pour qu'il retouche le piteux cours de leur vie…

Le moment est venu de vivre ma vie ...et de peut-être écrire celles des autres, celles que le temps qui m'est alloué et le hasard divin ne m'autoriseront pas à expérimenter dans ma chair.
 


Rêver est une activité d'enfant ; vivre ses rêves est une activité d'adulte, car elle passe inévitablement par le fait d'assumer la pleine responsabilité de sa vie, c'est-à-dire de ce qui a pu nous arriver par le passé comme de ce qui pourra nous arriver à l'avenir…et du présent.

6 novembre 2011

Clémence

Il y a tant de choses que j'ai envie de faire mieux, ou plus souvent, jusqu'à parvenir à un sentiment d'accomplissement. Chanter, dessiner, écrire, danser, ce qui m'est essentiel mais que je tends à oublier (comme un joueur peut oublier de se nourrir quand il est pris par son jeu). Recevoir, aider, être plus proche de mes proches, une meilleure prochaine pour mon prochain, aller à la rencontre de l'inconnu, élargir mon cercle d'amis sans perdre personne de vue. Être attentive au bien-être de mon corps, de ma tête et à mon équilibre émotionnel. Apprendre, découvrir, me souvenir. Gagner en profondeur et en surface. Lire, aller à des concerts, me nourrir de beauté, marcher en forêt, ramasser des châtaignes, connaître le nom des arbres et des champignons.
Tant de choses que j'aime, sans compter celles que je n'aime pas encore mais qui pourraient aussi m'aspirer…
Face à toutes ces envies, je tends à ressentir surtout la frustration de ne pouvoir tout vivre et tout faire, et à me sentir terriblement limitée, handicapée par ma tendance à la dispersion. 

Ce matin, dans la clémence d'une délicieuse lumière d'automne, dorée, généreuse, j'ai découvert que je pouvais aussi m'accorder ce luxe : me réjouir et me féliciter de ce que je fais, et des progrès déjà accomplis.
Après des années de découvert et d'encombrement, je me vois enfin parvenir à l'équilibre et à plus de simplicité.
Je fais tous les jours des choses que j'aime, je passe de plus en plus de temps avec des gens qui me font réellement du bien.


J'apprends à cuisiner de bonnes choses.
Tous les jours, j'apprends sans forcément m'en rendre compte. Un jour, je m'apercevrai du chemin parcouru : rien de sert de courir, mais il faut continuer à avancer.

28 mars 2011

Oeil critique

Je déteste les critiques. Je déteste les entendre, je ne supporte pas qu'on parle de moi. En général, je fuis, j'admets mes torts pourvu qu'on arrête le plus vite possible d'en parler. Si je ne suis pas parfaite, ou très très bonne dans ce secteur, j'arrête tout, je m'en vais le plus loin que je peux, je mets la distance maximale entre moi et mes imperfections.
Je ne progresse donc jamais. Je n'essaye jamais deux fois si la première tentative a été infructueuse.

Appelez cela de l'orgueil, de l'arrogance ou de la vanité. C'est mon péché, celui qui se transmet dans nos gènes, que je combat depuis toujours, sans le moindre succès jusqu'à présent. Souhaitez-moi, maintenant que j'en ai pris conscience, de le vaincre enfin, et d'apprendre l'humilité.

18 mars 2011

Punkhead

The day I discovered I was a punk was an incredible relief. Finally, I was able to put a word on the strange feelings that were living and growing inside of me. Because obviously I'm not wearing a Mohawk or a nappy pin in my nose, and I never even thought of it.
But despite my bourgeoise outfit and very normal figure, I AM punk. It explains my passive-aggressive way of seeing life, my protesting attitude, my many doubts about the world and my continually questionning of life. It explains the despair of mine, that overwhelmed me sometimes. I'd like to be able to yell them into a micro, too, but it will be asking too much.
But whatever I do, I know now that there has always been a lot of people like me, feeling outcasted or angry about the society. And that is a nice feeling.

7 mars 2011

Je le savais déjà il y a dix ans


J'ai pris ce tic de m'atteler à ma vie comme à un examen difficile, pour lequel il faudrait prendre beaucoup de notes et repasser beaucoup de leçons.

2 mars 2011

Power of now

I had lunch with a friend. She has everything I wish to have ; she is very unhappy. She dreams to be able to do what I'm about to launch. I wished I had the stability that destroys her.

"You should be a coach", she said, while my self is so lost sometimes that I just forget what I was just about to do. Giving advice is not that hard, pretending to know, faking confidence for others is not a difficult gimmick.

Perhaps, in another hand, I trust other and their guts more than mine. I can make them listen to what they just need, because being in their skin is actually easier than being in mine.

You say: look at the present, focus on now, start your life everyday from the beginning again. It's a good think to say. It's a powerful thought when it comes from outside. It's a great discovery, if you never have heard it before.


It's good sense, too. It is so obvious that you wonder how it could actually change your life. Will I be happier because I just focus on the flowers on my desk or on the shiny sky outside? By the way, what really means "being happier"?

Some will say that you should ask yourself only positive questions, and it is certainly a step on the right direction. "How could I achieve my goals" is much better than "I am so unhappy, why?" But it is possible only if you've already defined your goals.

I asked my friends what was her dream, or her craziest dreams. She had nothing to say. We started to fantasize about being back home in our cuddling, non-improving suburb.

And today morning, I suddenly freaked out about being there, without money and lost in material matters I wouldn't be able to cope with.

The fact is, past is past and future doesn't exist yet. I'm not even sure we can prepare it, or influence it. By imagining how it could probably turns bad, we think we are equipping ourself with garments, but in fact, we are just shutting blinds down and making the present disappear, waiting for some possible catastrophes to come.

In conclusion, living on the present would probably not make you happier right now ; but it is the only way to really live, and that is gut so.

20 février 2011

Quelques choses que j'ai apprises

Quand on a envie de revoir quelqu'un du passé, ne pas se dire "c'est trop tard, il/elle m'aura oublié, on a forcément trop changé, on n'a plus rien à partager" ; mais simplement reprendre contact.

Quand on se dit "ce serait bien de faire ceci", le faire ; ou faire un premier pas vers cette action.

Plus on retarde une action, plus elle nous alourdit.

Faire le ménage est toujours une bonne idée.

Dormir est souvent une solution, ou un début de solution.

Les compulsions nous affaiblissent parce qu'elles diminuent le sentiment de notre maîtrise sur nous-mêmes.

Il faut se tenir droit, pas parce que nos parents nous l'on répété, mais parce que l'on respire plus amplement.

Il faut faire attention aux souhaits que l'on formule, parce qu'ils s'exaucent.

Rien n'a davantage à nous apprendre que l'instant.

Les gens sont précieux.

Il faut demander.

Il faut remercier.

On peut changer.



18 février 2011

Über den Horizont

Il y a des choses qui semblent inaccessibles. Pour une raison ou une autre, on s'est un jour convaincu qu'on n'y arriverait pas, qu'elles resteraient hors de portée de nous.

Tous les chemins ne sont pourtant pas difficiles pour tout le monde. Celui qu'on a parcouru avec des semelles légères va être pour d'autres une côte terrible.

La différence entre les personnes résident dans les barrières que chacun s'installe. Napoléon ou Alexandre ont toujours cru qu'ils deviendraient les maîtres du monde. Ils n'en ont jamais douté une seconde.

Avant de conquérir l'univers, il peut déjà être utile de réaliser les choses qu'on a faites, celles qui mettent des étoiles dans les yeux des ados et qui sont pourtant notre quotidien. Le reste devient beaucoup plus accessible, il suffit simplement d'y croire.

16 février 2011

Nur die Liebe zählt

I love my eyes, because they are special
I love my hands
I love that I have a flat stomach
I love my body, because we are a team and it is a true partner
I love that I'm lucky to be born healthy
I love that I'm able to speak foreign languages
I love that I can learn
I love that my brain is working fast
I love that I can dance
I love that I am a good cook
I love that I have manual skills
I love that I have a good taste
I love that I have chosen the right job for me
I love that I can make new friends
I love my smile
I love my thin and crazy hair
I love that I am a bit crazy
I love that people trust me
I love my ups and downs, because they are me

3 février 2011

La dérive et la butée

Quand je vois la tête de mon agenda (orange vif à l'extérieur, bien noirci à l'intérieur), mon système de to-do lists et d'auto-organisation de plus en plus rodé, et la première réponse qui me vient à l'esprit quand on me demande comment ça va ("très bien mais j'aimerais bien avoir plus de temps devant moi"), je me dis que décidément, j'ai décliné à ma sauce (pimenté de GTD et d'ambitions artistiques floues) le tic maternel d'avoir toujours des choses à faire, et que je ne sais pas comment on fait pour se laisser vivre. Dans le discours familial, "se laisser vivre" est d'ailleurs connoté très négativement, comme s'il y avait forcément quelque chose de mieux à faire de la vie que de simplement la vivre - pas forcément atteindre le Nirvâna ou une révélation métaphysique (ce qui serait plutôt mon horizon personnel), mais se donner de la peine par principe (persistance d'un idéal chrétien mal digéré?).


Difficile de faire quotidiennement le choix conscient du bonheur en se gardant d'un délire de contrôle et de mainmise. Difficile de se laisser un peu la paix, sans lâcher sur l'ambition existentielle, et le refus de laisser "les autres", la société, ses névroses ou simplement l'inertie décider pour soi et tracer la forme de sa vie.

Dans un très intéressant billet, Steve Pavlina engage le lecteur à s'interroger sur ce à quoi il choisit d'accorder son intention. L'idée est bien de redonner à chacun le libre choix de sa dynamique mentale et de ses plis quotidiens, mais ce faisant Pavlina impose malgré tout ses valeurs et sa conception d'une vie réussie (de l'argent et un corps sportif, à tout le moins).

Il propose à l'internaute un exercice intéressant : dans une liste de choses et sujets, noter ceux qui ne méritent pas son attention, ceux qui méritent une certaine attention, et ceux qui méritent pleinement son attention. Puis lister les choses auxquelles, de fait, il emploie son attention au cours d'une journée, et déterminer si elles en valent la peine ou non.

Cet exercice m'a troublée car je me suis aperçue que sur les 117 thèmes hétéroclites qu'il avait listés, les deux tiers me semblaient dignes d'intérêt, et presque la moitié mériter ma pleine attention. Si l'on considère que je ne me suis pas amusée à lister en sus tous les autres sujets qui me paraissaient mériter mon attention (liste potentiellement infinie), on comprendra aisément que pour peu que l'on soit un minimum curieux du monde, des autres et de soi, prioriser ses centres d'intérêt est un casse-tête.

Quelques extraits :

"Simply do the best you can in each moment, and you can continue to upgrade your choices as you go along. Keep pushing yourself to drop low-value activities, and replace them with higher value ones. "

"If you still insist on using the “I don’t know what to do” excuse, then drop to the floor and do push-ups until you think of something that’s a better use of your time than doing push-ups. I suspect your brain will come up with a few ideas very shortly."

"Very often when you reduce the time wasters by dropping low-value relationships and activities from your life, your understanding about what really matters to you will skyrocket. Time wasters will invariably fog your vision. Get rid of them as quickly as you can, and clarity will return. You will not miss the time wasters, even if you feel you’re addicted to them now."