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2 novembre 2012

Déliaison

" Difficulté de mettre à leur place les nouvelles données. Difficulté de la substitution : celles d'avant et leur entourage là depuis tant d'années s'accrochent avec le confort et les astuces de la familiarité. La difficulté de délier est plus grande que la difficulté de relier ; plus longuement emmêlée d'émotion. Que faire ? "

- Henri Michaux

source : Mike Wade

1 mars 2012

Nourrir

Nourrir le centre duquel je peux rayonner :
Joie, amour, bienveillance, compassion, OUI ET, sens du jeu, sens de la fête, enthousiasme, don, attention à l'harmonie cosmique.
Nourrir ce qui en moi est santé, aisance. Appréhender les choses de l'intérieur, pour mieux avancer parmi elles.

1 janvier 2012

La vie du corps


"La vie de quelqu'un, c'est la vie de son corps. Comme un corps en vie comprend l'attention, l'esprit et l'âme; vivre pleinement la vie de son corps consiste à être attentif, spirituel et expressif. Si l'un de ces aspects est déficient, c'est parce que l'on n'est pas totalement dans son corps. On traite son corps comme un instrument ou une machine. On sait que s'il tombe en panne on a des ennuis. Mais on pourrait dire la même chose de l'automobile, dont nous sommes si dépendants. Nous ne nous identifions pas à notre corps ; en fait nous l'avons trahi (...). Toutes nos difficultés personnelles naissent de cette trahison, et je crois que la plupart des problèmes sociaux ont une origine similaire.

(...) Si l'on ne respire pas profondément, on diminue la vie de son corps. Si l'on ne ressent pas totalement, on rétrécit la vie de son corps. Si l'on bride l'expression de soi, on limite la vie de son corps.

Il est vrai qu'on ne s'impose pas volontairement ces restrictions vitales. Elles s'élaborent en tant que moyens de survie dans un environnement familial et une culture qui renient les valeurs physiques au profit du pouvoir, du prestige et des possessions. Néanmoins, on accepte cette limitation de la vie parce qu'on ne la remet pas en question et, ce faisant, on trahit son corps. Il est également vrai que la plupart des gens restent inconscients des handicaps physiques sous lesquels ils peinent – handicaps qui leur sont devenus une seconde nature, une part de leur façon d'être dans le monde. Ils traversent en effet l'existence avec un budget limité d'énergie et de sensations.

Le but de la bioénergie consiste à aider l'individu à retrouver sa nature première, qui est une condition de liberté, un état de grâce, et possède un caractère de beauté. La liberté, la grâce et la beauté sont les attributs naturels de tout organisme animal. La liberté est l'absence de restrictions intérieures à la circulation des sensations, la grâce est l'expression en mouvement de ces courants, la beauté est la manifestation de l'harmonie intérieure qu'ils engendre. Elles dénotent un corps sain et donc un esprit également sain.

La nature première de tout être humain consiste à s'ouvrir à la vie et à l'amour. Dans notre culture, être sur nos gardes, cuirassé, méfiant et renfermé est une seconde nature. Ce sont les moyens qu'on adopte pour se protéger de la souffrance, mais lorsque ces attitudes deviennent caractérologiques ou se structurent dans la personnalité, elles constituent une blessure plus grave et créent une infirmité plus importante que celle dont on souffrait à l'origine. "

 
- Dr Alexander LOWEN
La Bio-Energie

10 novembre 2011

Out of Neverland


" Tous les enfants, sauf un, grandissent. "
- JM Barrie

Enfant, j'ai beaucoup lu ; j'ai pris l'habitude d'étendre ma vie présente par toutes ces vies parallèles qui m'étaient données dans les romans. A travers ces personnages de papier, j'étais adulte déjà. Entre mon existence concrète et quotidienne et toutes les vies additionnelles offertes par la littérature ou le cinéma, les niveaux de réalité étaient brouillés. 

 
Quelque chose m'est resté de cette époque sans doute : la croyance confuse que la vie d'adulte reste à venir, ou qu'elle s'attrape dans les livres. Je travaille de toutes mes forces à accepter l'idée que le moment est venu de prendre ma vie à bras-le-corps, et qu'aucun narrateur ne sera là pour l'écrire, aucun, sinon moi.

Je pense à ce film curieux et très drôle, Des nouvelles du Bon Dieu, où des égarés aux noms de héros littéraires cherchent à rencontrer leur auteur, pour qu'il retouche le piteux cours de leur vie…

Le moment est venu de vivre ma vie ...et de peut-être écrire celles des autres, celles que le temps qui m'est alloué et le hasard divin ne m'autoriseront pas à expérimenter dans ma chair.
 


Rêver est une activité d'enfant ; vivre ses rêves est une activité d'adulte, car elle passe inévitablement par le fait d'assumer la pleine responsabilité de sa vie, c'est-à-dire de ce qui a pu nous arriver par le passé comme de ce qui pourra nous arriver à l'avenir…et du présent.

11 septembre 2011

Croître et embellir


" Sortir de son monde, ou de son Moi habituel, est une expérience transcendentale. Cela arrive à la plupart des gens et dure plus ou moins longtemps. Ces expériences ont en commun une impression de détente, une sensation de libération et la découverte d'un Soi pleinement vivant, qui réagit de façon spontanée. Mais de telles transformations sont le fait du hasard et on ne peut ni les prévoir ni les programmer. Malheureusement, elles cessent souvent aussi soudainement qu'elles avaient commencé ; le carrosse étincelant redevient citrouille en une nuit. On reste abasourdi : quelle est la vraie réalité de l'être ? Pourquoi ne peut-on pas rester dans cet état de liberté ?
(...) Si l'on recherche la transcendance, on peut avoir de nombreuses visions, mais on s'arrêtera certainement là où l'on a commencé. Si l'on opte pour la croissance, on peut avoir quelques instants de transcendance, mais ce seront des sommets sur la route régulière menant à un Moi plus riche et plus solide.
La vie elle-même est un processus de croissance, qui commence par la croissance du corps et des organes, passe par l'établissement de la dextérité motrice, l'acquisition du savoir, l'augmentation des connexions, et finit par une sommation de l'expérience qu'on appelle sagesse. Ces divers aspects de la croissance se recouvrent, puisque la vie et la croissance s'insèrent dans un environnement naturel, culturel et social. Bien que la croissance soit un processus continu, celui-ci n'est jamais uniforme. Il y a des périodes de ralentissement, pendant l'assimilation de l'expérience, qui préparent l'organisme à une nouvelle ascension. Chaque ascension conduit à un nouveau sommet et crée ce que nous appellerons une expérience culminante. Chaque expérience culminante doit à son tour s'intégrer à la personnalité pour qu'une nouvelle croissance puisse avoir lieu et que l'on finisse par atteindre la sagesse. J'ai signalé un jour à Reich que je connaissais la définition du bonheur. Il haussa les sourcils, me regarda d'un air railleur et me demanda ce que c'était. Je répondis : Le bonheur c'est la conscience de croître. Ses sourcils retombèrent, tandis qu'il commentait : Pas mauvais.


Si ma définition a quelque validité, cela suggère que la plupart des gens entreprennent une thérapie parce qu'ils sentent que leur croissance s'est arrêtée. Assurément de nombreux patients comptent sur la thérapie pour faire redémarrer le processus de croissance. La thérapie en est capable si elle procure de nouvelles expériences et aide à écarter ou à amoindrir les blocages ou les obstacles qui empêchent d'assimiler l'expérience. Ces blocages sont des schémas de comportement structurés qui témoignent d'une résolution peu satisfaisante, compromis avec les conflits infantiles. "

Dr Alexander LOWEN
La Bio-Energie

6 juillet 2011

La tension de croître

" Se rendre compte de la réalité de sa condition et ressentir je ne peux pas continuer comme cela est une attitude positive et libératrice qui n'a rien à voir avec les différentes formes de culpabilité, de honte ou même de haine de soi qui accentuent encore notre division intérieure : il s'agit d'une prise de conscience qui nous unifie autour de la nécessité impérieuse de progresser. "

- A.Desjardins