29 septembre 2009

La piste aux signes

Y a-t-il vraiment une conclusion à tirer de cette concentration de signes, des détails qui viennent se répéter dans ma vie comme autant de motifs dans le tapis ? Dois-je y voir des balises m'indiquant que je suis sur la route, que même si le chemin est tortueux, c'est encore un chemin de vie, de ma vie ? Ou sont-ils un clin d'œil esthétique que me fait le monde, un luxe de décorum ?
La surcharge de sens mène au vertige d'une absence de sens. Quelque chose qui aurait vaguement le goût du sang - I saw the face of God, dit celui que son face à face avec la nature dans son absurdité brutale a d'un coup abstrait du monde. Saturation. Un ciel noir d'oiseaux. Le harassement des nerfs qui vient contredire la fatigue. Je me sens dans une page de Pierre Guyotat.

28 septembre 2009

Reflection


To be totally honest, when I'm looking at the past, I feel such an incredible relief realizing that it belongs to the past, and it will never come back. I don't regret any of those moments, but I'm glad it will not happen anymore.
I feel free, and it is a gift I should not forget.

26 septembre 2009

Smashing roses

One day somebody took my heart, broke it in very small pieces, smashed it several times on the floor, cut it, mix it, boiled it, and eventually gave it back to me.
"I'm really sorry if it hurts", he said, "but I think it will be okay by now, won't it?"
And since then it's pumping blood, but it can't do nothing else, and it stays empty and bloody in my chest.

25 septembre 2009

Joies du jeudi #12

* Être contactée par les gens au moment où je pense à eux.

* Ecouter Elbow, Courtney Love et Radio Paradise.

* Lire. J'ai repris la pas-très-bonne habitude de lire plusieurs livres à la fois (un pour le petit déjeuner, un pour le soir, un pour le métro…), donc je risque de mettre du temps à les finir, mais il n'y en a pas un dont je ne fasse mon miel.

* Profiter d'un sursis d'été pour arpenter Paris en long et en large. Ah, le canal Saint-Martin sous le soleil… J'ai repéré d'ailleurs une petit épicerie turque qui vend de la confiture de rose à 1€ et des boîtes de poivrons farcis.

* Sentir les merveilleux parfums Memo.

* Me rouler dans les joies pures de l'amitié. Faire se rencontrer des gens que j'aime. Dire du bien des uns aux autres, et des autres aux uns.

* Découvrir que les expositions des ventes Sotheby's sont en accès libre. Y voir des choses splendides : verreries, photos, meubles Biedermeier.

* Aspirer la chair à l'intérieur des pinces de langoustines. Manger des figues douces, des mirabelles au goût d'or, du raisin.

* Réfléchir activement, et avec des acolytes de choix, à la refonte des Oies du capitole. Voir les projets de l'année démarrer sur de bonnes bases.

Tout est impermanence. La tempête passe. Les livres, les amis, les fruits restent.

(oui, techniquement, on est vendredi)

23 septembre 2009

Au simple

Comment fait-on, pour conserver sa vie au simple, comme on garde une bouteille au frais, pour la goûter mieux ?

Peut-être faut-il ne jamais agir sous le feu d'impulsions contradictoires. Peut-être agir le moins possible, ou dans la limite de ce qui n'a que des conséquences bénignes : créer, dessiner, écrire. Peut-être apprendre à se détacher de toutes les envies pousse-au-drame, des magies noires qu'un mot ou un geste trop joueurs vont appeler.

Dans la nuit curieusement étoilée, laissant Nena Venatsanou prendre mes regrets dans la mélancolie de son chant, j'échappe à toute évidence. Il faudra apprendre encore, se tromper et se dédire. Un jour je serai grande et sage un peu, mes jours siffleront une mélodie évidente.
Pas une voix qui ne me dise que ce jour viendra. En attendant, je tremble... Paolo Roversi pour Vogue Italia

22 septembre 2009

Les portes de Barbe-Bleue

J'ai cette image en tête, plusieurs portes devant moi, toutes ouvertes. Derrière chacune j'aperçois une amorce de couloir, quelque chose se dessine. Je peux prendre tous ces chemins ; je ne peux, en fait, en privilégier aucun, ni en abandonner.

En témoignent la pile de livres sur ma table de chevet :
lire pour reprendre forme au sein de l'art
lire pour ceux que j'aime
lire pour l'éveil
lire pour agir

Et il y a les nécessités du quotidien ; progresser même et d'abord en cela, améliorer la texture du jour présent. Écouter la parole de ceux qui m'accompagnent. Noter chaque problème, prendre acte de chaque mauvaise pensée. Accepter qu'il puisse exister des solutions.

"My favorite movies are the ones where the humble main character realizes how powerful they really are, then accepts that responsibility for the greater good, even though it would be easier to keep denying it."
- Derek Sivers

Et prendre le temps de vivre avec les problèmes. Sous les nuages qu'aucun vent ne vient pousser. Patience...

21 septembre 2009

Laisser-passer

“One does not complain about water because it is wet, or about rocks because they are hard, or about trees because they are green. As the child looks out upon the world with wide, uncritical, undemanding, innocent eyes, simply noting and observing what is the case, so does the self-actualizing person tend to look upon human nature in himself and in others.”

- Abraham Maslow

19 septembre 2009

Le jour hardi

“Whenever you go out of doors, draw the chin in, carry the crown of the head high, & fill the lungs to the utmost; drink in the sunshine; greet your friends with a smile, & put soul into every handclasp. Do not fear being misunderstood & do not waste a minute thinking about your enemies. Try to fix firmly in your mind what you would like to do; & then without veering off direction, you will move straight to the goal. Keep your mind on the great & splendid things you would like to do, & then, as the days go gliding by, you will find yourself unconsciously seizing upon the opportunities that are required for the fulfilment of your desire, just as the coral insect takes from the running tide the element it needs. Picture in your mind the able, earnest, useful person you desire to be, & the thought you hold is hourly transforming you into the particular individual… Thought is supreme. Preserve a right mental attitude — the attitude of courage, frankness, & good cheer. To think right is to create. All things come through desire & every sincere prayer is answered. We become like that on which our hearts are fixed. Whenever you go out of doors, draw the chin in, carry the crown of the head high. We are god in the chrysalis.”
— Elbert Hubbard

17 septembre 2009

Joies du jeudi #11

* Prendre le vent.
* Écouter Chostakovitch, Depeche Mode et les Foo Fighters.

* Vivre un an après une scène que j'avais vue en rêve, mais de nuit.

* Me griser de la possibilité du changement. Lire une lettre avec dedans la phrase exacte que je voudrais avoir toujours sous les yeux pour éclairer mon chemin :
Dans la matière subtile mais stable des habitudes et des répétitions, je construis un rituel de l'escalier pour gravir les marches vers un meilleur de moi.

* Chanter en ayant mal à la gorge. Marcher d'un pas conscient et légèrement dansé. Dormir, le nez dans un oreiller frais. Me laisser porter par la musique électronique, fasciner par les jeux de lumière, hanter par les passants. Respirer profondément.

* Voir une abondance de belles choses aux puces rouennaises ; dénicher un petit secrétaire victorien pour habiter mon entrée.

* Être soulevée par un bon gros élan de motivation pour me remettre à la lecture : je ne dirai plus "j'ai peur des gros livres". Pour les mois à venir : Dostoïevski, Proust, Lévi-Strauss, Y.Kerninon.

* Retrouver au comptoir du Montespan les visages familiers de Gérard, Monsieur Henri, Hubert et Nicole ; lire les faits divers dans Le Parisien avec en bouche le goût d'un bon café noir. Me complaire dans ce semi-anonymat heureux, où je suis éternellement Mademoiselle.

* Retourner à l'Etrange Festival pour voir Osen la Maudite ; très belle scène d'amour avec un marionnettiste. J'aurais envie d'écouter des heures de récitatif de Bunraku.

* Porter des chaussures jaunes.

* Avoir très envie d'un cheeseburger, et finir par en manger un. Boire un Black Russian et de la mandorla. Enchaîner les dîners entre amis.

* Essayer des lunettes Mikli.

* Découvrir que Richard-Lenoir est un industriel manufacturier d’étoffe français qui devint l’un des principaux négociants en coton au début du XIXe siècle, et Ledru-Rollin un des artisans du suffrage universel français (bon, ça, je devais le savoir en 2001, mais je me suis empressée de l'oublier). Me demander pourquoi on mange les escargots et pas les limaces… et tomber sur des recettes de backpackers pour cuisiner les insectes

16 septembre 2009

Au commencement était l'action

Ces derniers jours, j'ai beaucoup, beaucoup de travail et beaucoup, beaucoup de mal à le faire. Je tourne autour de ma pléthorique liste-de-choses-à-faire avec un air perplexe, procrastine, soupire, et suis hantée par l'idée de bouquiner dans mon lit.

Je sais pourtant qu'il s'agit essentiellement d'une question de rythme, de me laisser porter par le Jo-ha-kyū de l'abattage de tâches. Dans la théorie, je sais comment il faudrait procéder pour être libérée de tout cela, et respirer plus librement. Quelque chose doit me retenir.
La première règle serait de faire les choses tout de suite quand elles me traversent l'esprit ; c'est comme cela que je procède quand je dois remettre d'équerre mon appartement après une phase de désordre létal, et je n'ai à ce jour pas trouvé mieux. Toute l'énergie passe dans le ça-ici-maintenant, je mets de côté la réflexion planificatrice et ne hiérarchise pas les tâches puisque de toute façon tout doit être fait.

Ne pas se laisser distraire en plein coup de feu est aussi un mot d'ordre essentiel, mais que je trouve particulièrement difficile à suivre. A l'heure où les réseaux sociaux sur Internet multiplient les occasions de se laisser aspirer dans le bavardage, on a vite perdu deux heures qui auraient été bien mieux employées à dormir.
J'ai une certaine admiration pour des gens comme Tim Ferriss, l'auteur de 4-Hour Workweek, qui sont convaincus qu'il y a de bien meilleures façons de travailler que de passer huit heures par jour derrière un ordinateur à courir après le temps et les e-mails.
Ou Piotr Wozniak, qui est la preuve vivante que l'on peut réussir sans avoir de téléphone.

La force de l'habitude

Autant je n'ai jamais jusqu'ici été accro à une substance, autant je me laisse facilement aspirer dans une spirale de pas-très-bonnes habitudes. Passer trop de temps sur internet par exemple (*hum*).

Et si les bonnes habitudes, une fois installées, s'avéraient tout aussi indélogeables ? Et si elles finissaient par se transformer elles aussi en petit plaisir rassurant, confortable ?
En tout cas, c'est le moment d'essayer. Les feuilles tombent, une nouvelle lune nous aspire. Semons.

"Osez donc être sage. Commencez. L’homme qui diffère le moment de se bien conduire, attend, comme le paysan, que le fleuve soit écoulé. Mais le rapide fleuve coule et coulera jusqu’à la fin des âges."
- Horace, Epîtres.

14 septembre 2009

La haute route


“The high road is always there, but will we travel it?”
“It boils down to one fundamental theme: truthfulness beats goodness. Wholeness in oneself is a greater virtue, and a more stable one, than all the conventional expressions of saintliness rolled up into one glorious greeting card.”

- Steve Forrest

13 septembre 2009

Too much

Je me suis effondrée hier après-midi pour 20 h de sommeil. J'ai l'impression d'avoir voulu faire trop, trop vite. Je suis prise dans un tourbillon, frustrée de ne pas en faire plus, épuisée à l'avance. Après un été merveilleux et riche, c'est comme si la rentrée m'abattait. J'ai les nerfs à fleur de peau, je pleure pour un rien, et en plus, ce n'est pas à rien que j'ai assisté. Juste deux personnes que j'aime et qui s'aiment qui se sont dit oui pour la vie, et mon coeur sautait comme un fou dans ma poitrine.
Trop d'émotions. J'ai besoin d'une pause.



10 septembre 2009

Joies du jeudi #10

Que voilà un début de mois débordant et débordé… La rentrée m'arrive dessus en déferlante, me roule dans ses sables, je bois la tasse mais… quelle tasse !

* Lancer de nouveaux projets avec une belle énergie de départ : du théâtre, la refonte des Oies du Capitole (je recrute des rédacteurs, des administrateurs pour les rubriques, et des gens qui puissent m'aider à bricoler le code)… et il y a aussi ce qui n'est encore que velléité mais dont je plante les graines aujourd'hui pour plus tard, en parlant autour de moi, tâtant le terrain, essayant d'éliminer les "mais" qui m'ont retenue jusqu'à présent : du sport, du dessin, et même une idée un peu folle qui m'a traversée hier et dont je ne vous dirai rien pour le moment.

* Voir mes initiatives accompagnées par des synchronicités invraisemblables. Rebondissant de signe en signe, je traverse une forêt de logique floue.

* Regarder les jolis gens lookés dans les bars d'Oberkampf et le hall du Forum des Images.

* Découvrir des choses étonnantes à l'Etrange Festival : j'ai été plus marquée par les courts-métrages inattendus (un film d'animation et les chansons de Titler) que par les films que j'étais venue voir.

* Manger gloutonnement des huîtres, des amandes crues et de la soupe au pistou.

* Avoir de très bonnes surprises relationnelles, prises comme des miracles en ces temps troublés.

9 septembre 2009

Patience et longueur de temps

L'attente. Grand problème. J'ai été amenée ces derniers temps à parler de patience avec plusieurs personnes ; la patience pour plier sans rompre, comme le roseau sous le vent ; aussi la patience de ce qui attend la bonne saison pour éclore, la patience d'accepter l'imprévisible lenteur du travail intérieur, et celle d'un destin qui court moins vite que nos désirs.

C'est une obsession pour moi en ce moment : la patience, l'ataraxie, le détachement, le renoncement.

Dans les rapports humains, nous n'avons droit qu'à la patience.
L'idéal étant évidemment de ne rien attendre. Ces derniers jours, j'ai pu m'appuyer sur l'idée que Mercure entamait une course rétrograde qui allait entraver toute communication et brouiller l'écoute pendant trois semaines. J'avais déjà évoqué ici mon usage de l'astrologie comme bricolage existentiel ; quand il s'agit de progresser vers plus de lâcher-prise, et de moins se laisser pourrir les nerfs par l'attente, je crois réellement que tout est bon.

7 septembre 2009

Alice et le chat de Cheshire


    ‘Would you tell me, please, which way I ought to go from here?’
    ‘That depends a good deal on where you want to get to,’ said the Cat.
    ‘I don’t much care where–’ said Alice.
    ‘Then it doesn’t matter which way you go,’ said the Cat.
    ‘–so long as I get SOMEWHERE,’ Alice added as an explanation.
    ‘Oh, you’re sure to do that,’ said the Cat, ‘if you only walk long enough.’

    - Lewis Caroll

6 septembre 2009

Mots trouvés

"Surely every one realizes, at some point along the way, that he is capable of living a far better life than the one he has chosen."

- Henry Miller, Big Sur and the Oranges of Hieronymus Bosch

"Oft times nothing profits more Than self-esteem, grounded on just and right Well manag’d."

– John Milton, Paradise Lost

4 septembre 2009

Les désirs, l'ordre du monde et le cinquième cercle

“We can’t do anything about things beyond our control so we might as well keep on focusing energy forward on the next thing we can create.”

Imaginer un cercle qui contienne tous ses sujets de préoccupation. A l'intérieur de celui-ci, imaginer un cercle qui contienne toutes les choses sur lesquelles on peut agir. Deux possibilités : soit accroître son champ d'action, soit restreindre le champ de ses préoccupations.

*

"You can either be proactive or reactive when it comes to how you respond to certain things. When you are reactive, you blame other people and circumstances for obstacles or problems. Being proactive means taking responsibility for every aspect of your life. Initiative and taking action will then follow. Covey also argues that man is different from other animals in that he has self-consciousness. Between stimulus and response, we have the power of free will to choose our response.
Covey coined the term abundance mentality or abundance mindset, meaning a business concept in which a person believes there are enough resources and success to share with others, when looking at optimistic people. It is commonly contrasted with the scarcity mindset, which is founded on the idea that, given a finite amount of resources, a person must hoard their belongings and protect them from others. Individuals with an abundance mentality are supposed to be able to celebrate the success of others rather than be threatened by it. "

*

"The people around us and the circumstances we face can make us feel upset, angry, frustrated, depressed, annoyed and any other possible negative emotion humans can experience. And when we experience these emotions we tend to latch on to them. Why? Because we believe we’re entitled to experience them.We have every reason to experience them.We have the right to experience them.(...) But rather than holding on to your right to be upset, ask yourself the following question:“Do I deserve to be upset?” If you don’t (and you don’t), then you shouldn’t insist on being upset. (...) Rights are intended to lift us up rather than pull us down. When they end up pulling us down, we can choose to abandon them. We have the right to a miserable life and the right to be ignorant and the right to be poor. But it doesn’t mean that we need to exercise these rights."

Joies du jeudi #9

* Goûter d'excellents vins, y déceler le litchi et la fleur de sureau
Torrontes - argentine. Curton 2008
Trelliare d'abbruzza - Emilio Pepe
Vosne Romanee 2006 - Dubard
Chambolle Musigny 2006 - Viellles Vignes - G. Pansiot 2006
Moscata Asti 2008 - Bera
Riesling VoT Alsace 2004 - Weinbach

* Accepter des invitations de dernière minute et savourer le trop rare (dans ma vie) plaisir de l'improvisation

* Traverser Paris à pieds dans la douceur d'une nuit d'été

* Reprendre la bonne habitude des conversations musicales ; évoquer notamment le génial album 5:55 de Charlotte Gainsbourg, réunissant tout plein de gens bien : le groupe Air, Jarvis Cocker, Nigel Godrich, Tony Allen, David Campbell, Neil Hannon…

* Commencer avec Fanny une joyeuse joute d'échange de musique par mail ; ça promet !

* M'éveiller chaque matin avec le souvenir de mes rêves.

3 septembre 2009

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard

"I will love the light for it shows me the way, yet I will endure the darkness because it shows me the stars."
- Og Mandino

A Orsay Ville, en avance pour un rendez-vous professionnel, j'avais fait halte dans un bar pour déguster un café viennois, quand, levant les yeux, je vis sur l'écran de Rapido la sentence "n'oubliez jamais que le hasard ne se contrôle pas". J'étais en train de lire un livre intitulé Il n'y a pas de hasards, consacré à la synchronicité , et je venais de lire un paragraphe indiquant qu'on ne peut pas appeler les manifestations synchronistiques de ses vœux ; on ne peut que recevoir les signes quand ils se présentent, sans que la volonté y puisse mais.

J'avais acheté ce livre un an plus tôt, dans un moment de frénésie irréfléchie, en suivant les recommandations Amazon ; puis je l'avais oublié, ne l'avais jamais ouvert, et avais fini par retomber dessus dans ma bibliothèque au moment où quelqu'un venait me dire qu'il faisait des recherches sur les liens entre les découvertes des neurosciences et les hypothèses de Jung sur l'inconscient collectif et l'intuition.

Au même moment, je commençais la lecture de Swiftitudes, roman assez ennuyeux mais totalement dans le thème. Je venais de découvrir que ce j'avais appelé jusqu'à lors mes "super-pouvoirs qui ne servent à rien" (qui m'avaient amusée au point que j'en fasse deux planches dans Soubock il y a quelques années de cela), pouvaient en définitive me "servir". D'abord
, comme dans le roman d'Estelle Lemaître, ils avaient un pouvoir de consolation non négligeable, permettant de s'alléger d'un peu de bagage tragique pour reprendre goût au jeu. Puis ils ouvraient la porte à une nouvelle lecture de la vie, sanctifiée d'Amor Fati.A suivre...

1 septembre 2009

En temps troublés

“Finally I am coming to the conclusion that my highest ambition is to be what I already am. That I will never fulfill my obligation to surpass myself unless I first accept myself, and if I accept myself fully in the right way, I will already have surpassed myself.”

- Thomas Merton, Journal, October 2, 1958
"The best thing for being sad," replied Merlin, beginning to puff and blow, "is to learn something. That's the only thing that never fails. You may grow old and trembling in your anatomies, you may lie awake at night listening to the disorder of your veins, you may miss your only love, you may see the world about you devastated by evil lunatics, or know your honour trampled in the sewers of baser minds. There is only one thing for it then — to learn. Learn why the world wags and what wags it. That is the only thing which the mind can never exhaust, never alienate, never be tortured by, never fear or distrust, and never dream of regretting.”

-T. H. White, The Sword in the Stone

*

Un secret d'apaisement, trouvé tout au bord du sommeil : voir chaque événement, chaque rencontre comme un signe sur le chemin, devant me conduire à autre chose que lui-même.

31 août 2009

Mantra

Contre la faiblesse, le Rire qui fortifie
Contre la fatigue, Recueillement
Contre la peine, Je maintiendrai
Contre l'écroulement, Debout
Contre le silence et l'oubli, Chanson
Contre le souvenir, l'Action
Contre ma peur ces mots frappés

le livre et la plante amicale

la lutte

l'abri d'un prochain sommeil

27 août 2009

Joies du jeudi #8

* Me sentir, le temps d'une journée, douée de super-pouvoirs relationnels me permettant d'obtenir une réponse des gens dix fois plus rapide qu'en temps normal.

* Manger une gigantesque courgette en plusieurs fois.

* Passer un samedi d'une geekerie absolue, à jouer à un jeu de plateau lovecraftien avec des développeurs, en discutant des mérites de l'Encyclopedia Dramatica.

* Scanner mes croquis de l'année et ressusciter mon compte Flickr.

* Écouter les Fleet Foxes, Iggy pop, Zappa (toujours), Balkan Beat Box et les Yardbirds.

* Débattre de sujets essentiels : Conan le Barbare est-il un grand film ? Est-il plus snob d'avoir une platine vinyle sans disques, ou des disques sans platine ? Est-il plus enrichissant de dire oui à tout ou d'apprendre à dire non ?

* Craquer, cauchemarder, puis lâcher prise.

* Trouver dans les mauvaises blagues du réel le meilleur moyen de tenir mes résolutions.

26 août 2009

La soupe-au-lait est un plat qui se mange froid

Soupe-au-lait, irritable, susceptible, mauvais caractère, boudeuse, grognon...Mon tempérament très émotif et nerveux s'accompagne d'une certaine violence, que j'ai parfois du mal à ne pas laisser exploser, notamment dans des situations où je me sens menacée, enfermée ou prise en faute. Généralement, il s'agit de détails, de réflexions ou de comportements anodins, mais que je perçois comme des agressions. Ma réaction alors est une forme de panique enfantine, sauvage, et pour le coup assez chargée d'agressivité.
Il faudrait parfois savoir arrêter le temps, rembobiner quelques minutes, respirer un bon coup et prendre le temps de réagir en adulte face à ce qui nous a blessé. Il faudrait arriver à cet état de présence et de conscience (
mindfulness) qui permette à la fois d'entendre ce que dit l'autre et dans quel état d'esprit il le dit, et sa propre réaction ainsi que les sources inconscientes de celle-ci... pour finalement être capable de donner la bonne réponse. Ou pas de réponse.

J'ai une amie, extrêmement sérieuse et réfléchie, qui est peut-être celle qui a le plus souffert de mon impulsivité. J'ai remarqué récemment que, dans les conversations intimes, elle marque toujours un temps de silence avant de répondre. Son fonctionnement (s'accorder le temps de peser ses mots, pour limiter les risques de malentendus) est quelque-chose dont je pourrais sans doute prendre de la graine.

Dans le même ordre d'idée, voici un résumé des "trucs pour faire face à la critique" de Gretchen Rubin :

1. Écoutez la critique, essayez de comprendre ce point de vue.

2. Ne soyez pas sur la défensive. Dites-vous par exemple que l'autre essaie sincèrement de vous aider, ou que du moins il peut être réellement intéressant de chercher à progresser.

3. Ne répondez pas à la critique par la critique.

4. Accordez du temps à votre réaction. Comptez jusqu'à dix, respirez profondément, attendez le lendemain ou trois jours...

5. Expliquez en toute honnêteté la raison de vos actions.

6. Reconnaissez vos erreur. Très efficace.

7. Expliquez ce que vous avez appris. Vous prouvez que vous avez compris la critique et essayé de vous améliorer, ce qui en soi suffit à adoucir les critiques.

8. Découvrez la joie de l'échec. Etre ambitieux et ouvert à la nouveauté permet d'apprécier la critique et de s'en servir pour avancer.

21 août 2009

La théorie du nuoc-mam

Ma co-blogueuse a ses joies, moi je veux avoir mes buts. En ce moment, faire taire la rancoeur. Tout me dit qu'elle ne sert à rien, qu'elle est inutile et néfaste.
J'ai vu un reportage sur la fabrication du nuoc-mam et ça m'a fait penser à ce que l'on peut ressentir quand on prend des poissons moches, des regrets ou des rêves brisés, qu'on les arrose de larmes, et qu'on laisse mariner quelques mois.
Le liquide qui sort est un concentré de toutes la colère qui insidieusement a pénétré vos pensées.
Mais bon! Le nuoc-nam est la base de la cuisine d'Asie du sud-est ; il doit bien y avoir quelque chose à faire de ce jus de souvenirs amers.


Lève-toi et brille

“As we let our light shine, we unconsciously give other people permission to do the same. As we are liberated from our own fear, our presence actually liberates others.

— Marianne Williamson

Hier, une nouvelle lune s'est levée dans le signe du Lion. Ceux qui regardent le ciel disent que c'est un bon moment pour se laisser aller à s'aimer un peu soi-même, à marcher avec sur les épaules une tête fière.

" It can be both exhilarating and threatening looking into the eye of our consciousness and seeing reflected our self at the center. (...) Perhaps rather than criticising our self for exaggerating our own importance it is more fruitful for each of us to seriously consider that before we can value our self and others we must first understand who and what that self is. (...) “The nail that stands up gets hammered down” resonates in the voice of a repressive authority restricting the spontaneity of our self-creating by demanding our conformity. (...) Perhaps a beginning point in our journey, acknowledging that there are infinite beginning points, is the opening of our heart to a greater self -appreciation and self-acceptance, less self-critical and self-condemning, that allows for a deeper valuing of our self not predicated upon approval of another. "
via Lauren

Brillons, rugissons, secouons notre crinière et traversons la brousse en jouissant de la force qui roule dans nos pattes de fauves. On ne peut être un autre que soi, et c'est une excellente nouvelle.

20 août 2009

Joies du jeudi #7

Grâce soit rendue aux signes et synchronicités. J'ai commencé ce jeudi en me disant "Tiens, N. a laissé mon dernier message sans réponse, je l'ai peut-être déçu d'une façon ou d'une autre, ou il a simplement besoin de temps"… et hop, 10h06, un message de lui, tout à fait amène et riche de précieuses références bibliographiques.

Autres joies :

* Regarder avec une amie le film d'un jeune réalis
ateur rencontré ensemble à Château-Rouge fut aussi l'occasion de repenser à ce hasard heureux (tomber pile le soir qu'il faut sur les gens qu'il faut).

* Le sens que les hasards de la matinée ont donné au rêve de la nuit.

* Avoir peur pour de faux en traversant
Paris à moto.
* Ne faire que des bons repas pendant une semaine.

* Maintenir mon appartement dans un état de propreté et de rangement à peu près constant et inédit.

* Récupérer plein de musique, dont beaucoup de choses totalement inconnues à découvrir. Écouter The Misfits, Dr. Dre et Zaza Fournier.

* Reprendre mes habitudes sur swap-bot, et découvrir qu'après des mois de silence, les gens ne m'ont pas oubliée.

* Voir mon meilleur ami trois jours de suite.

* Faire des choses utiles, que je repoussais les croyant vaguement désagréables, et y prendre finalement plaisir.

* Me laisser dormir le matin.

* Envisager pour chaque problème, sa solution.

* Voir mes retours de nostalgie comme une manière de partager les préoccupations présentes de certains proches, et non comme une malédiction qui me tiendrait rivée à mon passé.

* Brûler de l'huile de patchouli.

19 août 2009

Moins

Août : moins de gens en ville, moins de travail, moins de remuement.
Je me vois adhérer totalement à ce "moins", et être incapable de me projeter dans deux semaines, quand la frénésie de septembre reprendra. La langueur des vacances s'éternise en moi, soutenue par le beau temps. Aucune envie de choisir aujourd'hui ce qui devra occuper mon année, de remplir fut-ce par la pensée mes soirées à venir.

"Je ne pense jamais à l'avenir. Il vient bien assez tôt." Albert Einstein

Tout mon enthousiasme actuel va à l'avancée vers ce "moins" : libérer mon espace, mon temps et mon esprit. Paradoxalement, j'ai consacré de nombreuses heures depuis mon retour à réfléchir à ces questions, et à y travailler de manière tout à fait concrète et méthodique. Ce sont de premiers pas ; mais on trouvera une bonne idée du processus dans lequel je me suis engagée dans le manifeste paresseux de Zen Habits.

Soyez sobre, Adoptez la simplicité, Limitez l'égoïsme, Ayez peu de désirs. - Lao-tseu


Souvent, j'ai entendu les gens me définir comme "une fille qui fait des trucs". Plein de "trucs", pas forcément définis, pas forcément clairs, mais apparemment, je dégage une impression d'activité tous azimuts. J'aurais préféré m'entendre définir comme quelqu'un qui est que comme quelqu'un qui fait, mais de fait, même quand ils s'agit d'aller vers un "moins", je suis dans l'action. Et c'est très agréable. Je ne sais pas jusqu'où j'irai sur ce chemin-là, mais à vrai dire cela m'est égal : le processus est déjà un plaisir.

“Our life is frittered away by detail … simplify, simplify.” - Henry David Thoreau

Plateaux des miroirs

Il y a un temps pour le calme, le temps accordé à la pleine respiration, l'attention à l'espace et aux choses. Habiter, faire place nette, prendre soin.

Un temps pour la convalescence et le recul. Aussi, un temps pour faire le lien avec un
soi futur et meilleur.

Un temps pour le combat pied-à-pied. Le souci est présent, à son côté la lourde réminiscence : il est possible de lutter.

Quelque peu empesée de fatigue, accompagnée des lents plateaux de Budd & Eno, je m'efforce de croire à l'avènement de quelque chose, un nouveau moi ou un nouveau temps, à l'importance de la patience.

*

Pour ma co-blogueuse : et si nous étions des quaintrelles ?

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“Even now the stars, the planets, the elements, the creatures and ourselves; all of these move within and are penetrated and influenced by that original field of Qi. Qi is what causes the planets to maintain their orbits around the sun. It is the Qi that causes each snowflake to be unique and the Qi that shifts the moon phases and the tides. Qi sustains our health and Qi si the force behind intelligence and emotions. Qi is the vitality that causes the evolution of a tiny embyro of dividing cells to mature into a full size human. The longing of the Qi of the earth to reach up and merge with the Qi of heaven drives a small sprout out of the seed – upaward in spite of the force of gravity-to become a giant tree. Qi is known from the expressions that it embodies: the process of healing, the creativity that generates poetry and art; the transformation of tadpoles into frogs and caterpilars into butterflies. Qi is life force, energy and consciousness – it is the essence behind all effects, influences and events as well as all elements, materials and objects.”

Roger Jahnke

17 août 2009

Je connaissais une fille qui traversait la vie sans se poser de question. Elle ne possédait pas le mot "vergogne" à son vocabulaire, et s'autorisait tout sans un cillement. La moindre critique la faisait sortir de ses gonds, et trois minutes après la remarque, elle forçait son contradicteur à s'excuser.

Je l'ai souvent regardé ébahie, soufflée par tant d'impudence et de certitude. Je l'enviais.

Moi, j'ai des scrupules. Je m'interroge, je retourne les situations, je soupèse. Je me remets en cause. En ce moment surtout. Je suis fatiguée, cela me pèse, j'aimerais moi aussi marcher d'un pas léger et me débarrasser des questions sans fin et qui n'ont pas de réponse.